Mis en avant

Paul Brihaye, un cousin d’Amérique (3)

4.La Première Guerre mondiale

Lors de la mobilisation générale le 1er août 1914, Paul Brihaye ne rejoint pas son affectation sur le sol français, il est déclaré insoumis en mars 1915. Les insoumis risquent d’être condamnés à être fusillés, ces derniers sont peu nombreux : 1,5 % des mobilisés. Par cet acte, Paul s’interdit tout retour dans son pays natal. Il sera amnistié en 1931, le jour de ses cinquante-trois ans.

Extrait de la fiche Matricule Militaire de Paul Brihaye, N°1663 classe 1898-Archives départementales du Nord 1 R 2548

En France, son père, Charles Brihaye décède le 19 août 1914 et une semaine plus tard les troupes allemandes envahissent Fourmies. Pendant quatre longues années les habitants sont soumis aux exigences de l’occupant : réquisitions, travaux forcés, démantèlements des outils industriels, exils… De ce fait, la succession de Charles ne sera pas réglée avant 1930.

Neutre au début de la Première Guerre mondiale, les États-Unis s’engage auprès de la Triple-Entente le 6 avril 1917. Ne disposant que d’une armée de métier, un premier recrutement a lieu en juin 1917 pour les hommes de 21 à 31 ans, qui une fois entraînés rejoignent sur le front les citoyens américains combattant comme volontaires dans les forces alliées depuis le début du conflit. Un second recrutement commence en juin 1918 pour ceux qui avait atteint 21 ans dans l’année. Paul Brihaye ayant 39 ans, il n’est appelé à se faire enregistrer que lors du troisième recrutement à partir d’août 1918 : sa carte permet de connaître de nouvelles informations comme son adresse dans le Montana (2), son métier « tailor and cleaner » (tailleur et nettoyeur)(16) à son compte (17), son lieu de travail (18). Il est décrit physiquement verso de la carte : c’est un homme de taille et de corpulence moyenne aux yeux bleus et cheveux foncés. Sur les quatre millions de conscrits, seulement la moitié traverse l’Atlantique et Paul ne fait pas partie de ceux-là. Plus de 120 000 soldats américains perdent la vie durant ce conflit.

Draft Registration Card de Paul Brihaye-Film N°005241977-Familysearch.com

5.Le Montana

Le couple est maintenant installé à Lewistown, ville de cinq mille habitants dans le Montana, située à mille cinq cents kilomètres à l’ouest de Saint Paul et à trois cents kilomètres de la frontière canadienne. A la fin du XIXème siècle, c’était un État où l’on se ruait pour l’or, puis la découverte du cuivre et de l’argent l’enrichissent. En 1910, on commence à exploiter les premiers gisements de pétrole. Lorsque les Brihaye s’y installent en 1914, les habitants de Lewistown vivent de l’agriculture et principalement de l’élevage, on peut y assister à des parades de machines agricoles.

Après avoir travaillé comme tailleur pour M.Kouyoumjian dans la rue principale, Paul se met à son compte dans un atelier en centre ville, son domicile est à une dizaine de minutes à pied dans un quartier résidentiel, il est locataire. En plus de la « Registred Card » divers documents corroborent ces informations : articles de presse, annuaires et le recensement de 1920 (colonne 7 : r maison en location ; colonne 14 : al étranger ; colonne 26 et 27 : laveur dans une laverie ; colonne 28 : o.a à son compte)

Recensement 1920 de Lewistown-Film N°004966347-Familisearch.com

En 1922, le couple rend visite à la jeune sœur de Bertha, maman d’une fillette de sept ans. Deux ans plus tard les Brihaye quittent le Montana, ils y ont séjourné une dizaine d’années.

1908-Aperçu de Lewistown du haut du palais de justice en direction du Nord Est avec le mont Judith à l’arrière-plan -Lewinstown Public Library

6.Le Minnesota : sa dernière demeure

A son retour dans le Minnesota, Paul est employé dans diverses laveries et déménage à plusieurs reprises, il semble échapper au chômage consécutif du krach boursier de 1929, et est témoin des émeutes de Minneapolis provoquées par la famine. C’est en étudiant les différents items du recensement de 1930 que l’on peut lire que le couple est propriétaire de sa maison estimée à 4000$ (conne 7 et 8) et que Paul Brihaye n’est pas un « vétéran » (colonne 30) .

Recensement 1930 de Minneapolis-Film N°004951349-Familisearch.com

En 1932, après sept années de salariat, le couple devient propriétaire d’un pressing dans un centre commercial de Minneapolis à l’angle de la Grand avenue Sud (N°3544) et de la 38ème Ouest, la boutique est entourée d’autres magasins de proximité : un cordonnier, un barbier, un centre de beauté. Cet achat a pu être financé par la vente de la maison rue des Rousseaux à Fourmies dont le bénéfice a été partagé avec sa sœur Emma.

Annuaires de ville États-Unis, 1822 à 1995. ancestry.com

Cinq ans durant Paul et Bertha travaillent et résident à l’adresse du magasin situé près du lac Harriet. Un mardi après-midi du mois août 1937, Paul est victime d’une hémorragie cérébrale, il meurt dans la journée à son domicile, il n’a pas 59 ans. Son certificat de décès informe qu’il souffrait depuis vingt ans d’une malformation cardiaque, celle-ci se manifestant au mieux par des essoufflements. Il est enterré dans le cimetière Calvary à Saint Paul comme ses beaux-parents .

Certificat de décès de Paul Brihaye-MNHS Death Certificate order
Tombe de Paul Brihaye-Calvary Cemetery Saint Paul-findagrave.com-Photo de Dennis J. Willing-2021

Bertha continue à faire fonctionner la petite entreprise et la rebaptise « Blue Ribbon » (le Ruban bleu), mais au bout de deux ans, elle quitte le Minnesota pour rejoindre son frère Michel dans le Texas. C’est là-bas qu’elle demande sa nationalité américaine à l’age de soixante-dix ans puis malade, elle est admise à l’hôpital de San Antonio où elle décède après avoir chuté dans la salle commune. Bertha ne repose pas au coté de son mari mais dans le cimetière de Seguin au Texas.

Tombe de Bertha Brihaye-Saint James Cemetery-billiongraves.com-Photo de J. Pergler-2013

Ressources archivistiques :
Archives Départementales du Nord :
-État civil de Fourmies de 1900 à 1931 : 3E9055 ; 3E9066
-Table des états signalétiques et des services militaires subdivision d’Avesnes, classe 1898 : 1R02550 -État signalétique classe 1898 volume 4 : 1R2548
-Tables des successions du bureau de Trélon de 1884 à 1919 : 3Q-541bis/ 1 à 6


Bibliographie, sitographie :
-www.familysearch.org : Base de données renseignée par l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours, mise à jour le 01/09/2018, [consulté de janvier 2021 à février 2021]
N° de film N°005241977 : Draft Registration Card
N° de film N°004966347 : Montana, 1920 federal census, soundex and population schedules- Washington, D.C. : National Archives & Records AdministrationMontana, 1920 federal census
N° de film N°004951349 : United States Census, 1930, population schedule -Washington D.C.: National Archives & Records Administration, 2002
N° de film 004147091 : Texas, Bexar County, San Antonio, naturalization index.
N° de film 005145460 : TexasDeaths,1890-1976-CertificatN°36425-cert. nos. 36034-37400 Jul. 1959, Anderson County – Dallas Count
-www.mnhs.org : Minnesota Historical Society, Saint-Paul [consulté le 23 janvier 2021]
-www.Ancestry.com : base de données Annuaires de ville, États-Unis, 1822 à 1995 [database on-line]. Provo, UT, USA
-www.newspapers.com : site de presse d’Amérique du Nord par Ancestry [consulté du 02 au 09 février 2021]
-www.minneapolishistorical.org : site de Preserve Minneapolis [consulté en janvier 2021]
-www.cardcow.com : site de vente en ligne de cartes postales vintages [consulté en janvier 2021]
-www.findagrave.com : base de données de tombes Find A Grave [consulté en juillet 2021]
-www.billiongraves.com : base de données de tombes BillionGraves [consulté en janvier 2021]

Remerciements :
Sarah Dehon, généalogiste française aux États-Unis.
Annabelle Billot, généalogiste dans les Hauts-de-France.
Brigitte Moris, correctrice.
William James, traduction de document.

Mis en avant

Les meuniers du moulin de Lisle (1)

Le lac de Haute Mayenne, d’une superficie d’environ 123 hectares, s’étend sur près de 6 kms sur les communes d’Ambrières-les-Vallées, la Haie-Traversaine, et sur la rive gauche : Saint-Fraimbault-de-Prières et Saint-Loup-du-Gast. Ce lac est alimenté par les eaux de la Mayenne, de la Colmont, de la Varenne et celles des ruisseaux du Pontceau et du Pigray. C’est une retenue d’eau artificielle, en forme de bottine, créée suite à la construction du barrage de Saint-Fraimbault-de-Prières sur la Mayenne. D’une longueur de 210 mètres et d’une hauteur maximum de 15,5 mètres, le barrage a été inauguré le 14 octobre 1978 après 3 années de travaux. Outre la construction du barrage, il a fallu relever les futures berges du lac et aussi démonter plusieurs bâtiments tous situés sur la commune de Saint-Fraimbault-de-Prières dont le moulin de Lisle, l’habitation de la Lavanderie et la ferme de l’Epinay. Six ans après la mise en eaux, une centrale électrique est construite.
Ce lac permet d’avoir une réserve d’eau pour satisfaire les ressources en eau potable en aval et réguler le débit de la Mayenne.

Le moulin de Lisle appartient aux propriétaires du château de L’Isle-du-Gast (aujourd’hui nommé Saint-Georges-de-Lisle), qui surplombe la Mayenne du haut de son rocher, au dessus de l’actuel barrage. Les fermiers viennent y moudre leur grain dont une partie est revendue aux tisserands et autres habitants qui fabriquent leur pain. Le premier bail du moulin retrouvé dans les archives de la Seigneurie de Lisle a été passé par René de Lisle pour Gilles Roullaye en 1567 pour 67 livres par an et d’une durée de 3 ans. René de Lisle meurt la même année sans succession. Ses oncles Jean, René et Paul héritent des terres. René, curé de Saint-Fraimbault décède et Jean rachète les terres de son frère Paul.

Les baux du XVIIe siècle n’ont pas été conservés dans les archives de la Seigneurie de Lisle. Les descendants de Paul de Lisle sont protestants, certains d’entre eux vont s’exiler, en emportant leurs titres de propriété. C’est le cas de Benjamin de Lisle qui omet ses devoirs féodaux envers les Cisterciens de Fontaine-Daniel, ils le déclarent déchu de ses privilèges y compris celui de pêcher dans la Mayenne. Mais quand le Père cellérier (chargé de veiller aux biens matériels), pour affirmer les droits de l’abbaye, vient jeter son filet dans la rivière sous les fenêtres du château, il est tué. Accusé, Benjamin de L’Isle s’enfuit et quelques mois plus tard il est emprisonné puis condamné à l’exil. Il émigre avec sa femme en Hollande en 1691, laissant au Château de Lisle leurs neuf jeunes enfants dont Philippe-René de Lisle, ils sont alors élevés dans la religion catholique par un curateur.

Extrait de Carte de Cassini en couleur (feuilles gravées et aquarellées), issue de l’exemplaire dit de « Marie-Antoinette » du XVIIIe siècle. Géoportail.gouv.fr
Extrait de Carte de Cassini en couleur (feuilles gravées et aquarellées), issue de l’exemplaire dit de « Marie-Antoinette » du XVIIIe siècle. Géoportail.gouv.fr

Fin 1717, Pierre Le Vazeux âgé d’une cinquantaine d’années et sa femme Françoise Chelot renouvellent leur bail auprès du Seigneur Philippe-René de Lisle. Le notaire de Mayenne s’est déplacé au château pour l’occasion et deux témoins signent le bail : le menuisier Claude Ollivier et le cordonnier François Le Tondeux, le couple de meunier déclare ne pas savoir signer. Le bail les engage pour une durée de six ans à compter de la Saint Georges de l’année suivante (23 avril). Ils doivent payer annuellement 320 livres en deux fois : à la Toussaint et à la Saint Georges. En plus ils doivent entretenir le moulin, les bâtiments et les dépendances et fournir six chapons engraissés au carabin (sarrasin), douze poulets et six canards par an au Seigneur de Lisle. Le bail stipule qu’en cas de décès de l’un ou l’autre, le survivant devra prévenir de son départ au moins 6 mois avant, sinon il devra finir l’année en cours.
Le couple réside à Saint-Fraimbault-de-Prières depuis plus de 34 ans car de leur union sont nés dans cette paroisse : quatre garçons et six filles entre 1683 et 1698. Les registres paroissiaux de Saint-Fraimbault-de-Prières de 1716 à 1733 étant lacunaires, il n’a pas été possible de retrouver les dates de décès du couple sur cette commune.

Extrait du bail du moulin de Lisle entre Philippe-René de Lisle et Pierre le Vazeux en 1717-AD53-140J26

Au printemps 1726, après avoir signé un bail avec le Seigneur Philippe-René de Lisle, Mathieu Galicier et Catherine Sommier s’installent au moulin de Lisle. Le couple doit verser 420 livres annuellement et le même nombre de volailles que leurs prédécesseurs, le bail est signé pour une durée de 9 ans. Mathieu Galicier a 35 ans, il est né à Oisseau où son père Jean était meunier. Il a vécut à Chantrigné avec sa première épouse Michelle Gaultier, de cette union deux fils ont survécu : Jean et Mathieu. Sa seconde femme est originaire de la paroisse de Lassay où le couple s’est marié en 1722, Renée et François voient le jour à Lassay. Lorsque la famille s’installe au moulin de Lisle, les quatre enfants sont âgés de 1 à 9 ans. Deux autres enfants, Marie et Pierre, naissent à Saint-Fraimbault-de-Prières, la famille quitte le moulin un an avant la fin du bail. En 1734, chez Jean Le Peltier fermier général des terres du fief et seigneurie de Lisle, le notaire Augustin Maret fait une subrogation de bail entre le meunier Mathieu Le Galicier et Urbain Amiard, meunier à Saint-Georges-Buttavent, aux mêmes conditions.

Urbain Amiard est né à Aron en 1676. Sa femme Marie Fourmy est née en 1688 à Saint-Fraimbault-de-Prières, le couple s’y marie le 25 novembre 1706. Il s’installe d’abord à Mayenne où vit encore la mère d’Urbain, c’est là que leur premier enfant nait : Marie, puis en 1710 le couple vit à Saint Fraimbault-de-Prières où Marie Fourmy donne naissance à un premier fils nommé Michel. Leur troisième enfant voit le jour en février 1720 à Oisseau, il porte le prénom de son père et celui de son parrain : Urbain-Etienne. Ces déplacements sont certainement liés à la profession de meunier, que Michel et Urbain-Etienne pratiqueront. Urbain Amiard décède au moulin de Lisle le 28 août 1740, âgé de 64 ans. Le lendemain, sa veuve, ses fils Michel et Urbain assistent à son inhumation au cimetière de la paroisse de Saint-Fraimbault. Suite à la disparition de son mari, Marie Fourmy continue d’occuper le moulin de Lisle et un autre meunier, François Taburet, vient s’installer à la Saint Georges de 1741, après avoir signé un bail en septembre 1740.

Sépulture d’Urbain Amiard en 1740-AD53-4E252/2

A suivre, les meuniers Taburet, Pacory, Lemonnier etc… Pensez à vous abonner au site ou à la page FB

Sources :

  • POINTEAU Ch Abbé, Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, Laval, 1891, 648 pages [page 250 à 277]
  • ANGOT Alphonse Abbé, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, tome I à II, 1900 à 1906. http://angot.lamayenne.fr/
  • ANGOT Alphonse Abbé, GAUGAIN Ferdinand. Abbé, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, tome IV(supplément), 1909. http://angot.lamayenne.fr/
  • Archives Départementales de la Mayenne https://chercher-archives.lamayenne.fr/ Série E. Etat civil de Brécé de 1672 à 1692 (E dépôt 29/E2) ; état civil de Chantrigné de 1715 à 1733 (E dépôt 39/E8, E dépôt 39/E19) ; état civil de Lassay-les-Châteaux 1721 à 1758 (E dépôt 94/E10, E dépôt 94/E11) ; état civil de Mayenne Notre-Dame 1753 (Collection communale) ; état civil de Oisseau de1680 à 1694 et 1718 à 1725 (E dépôt 127/E7, E dépôt 127/E11) ; état civil de Saint-Fraimbault-de-Prières de 1683 à 1742 (4E 252/1, 4E 252/2, E dépôt 159/E1).
  • Archives Départementales de la Mayenne : Série J. Seigneurie de Lisle 140J19 ; Baux du moulin de Lisle 140J26.

Les meuniers du moulin de Lisle (2)

En avril 1741, François Taburet et sa jeune épouse, Françoise Baguelin, s’installent dans le moulin mais ils sont surpris par l’état délabré dans lequel la veuve Amiard l’a laissé. Dès le lendemain matin, avec le Seigneur Philippe-René de Lisle, représenté par François René Thoumin de Bouillon, ils font établir un procès verbal par le notaire royal au Maine, pour constater les « démolitions et degraduations commis sur le moulin par Marie Fourmy épouse du deffunt Urbain Amiard ». Deux experts sont présents : Réné Pacory meunier de Marcillé nommé par François Taburet et René Pichard meunier au moulin de Brives de la paroisse de Notre Dame de Mayenne choisi par Marie Fourmy.

Après avoir visité le moulin, les experts énumèrent les différentes pièces détériorées empêchant le bon fonctionnement, les parties cassées étant à la charges de Marie Fourmy, celles usées à la charge du propriétaire. Les détériorations et le manque d’entretien des bâtiments sont ensuite décrits : absence de serrure, de volet, de châssis à certaines fenêtres, la trappe et l’échelle du grenier ont disparu, l’escalier de bois est vétuste, et les deux meuniers précisent qu’il faudrait « quatre journées d’homme » pour combler les cavités du sol des deux habitations. Les deux portes de l’écurie sont usées et ne s’attachent qu’avec des cordes.

Les experts notent aussi que le four est tombé en ruine, Marie Fourmy atteste ne pas s’en être servi et donc qu’elle ne peut être responsable de ces dégâts mais François Thoumin soutient que le four est tombé en ruine parce qu’il n’a pas servi. La palissade du jardin de devant est presque toute « emportée » ainsi que la haie, Marie Fourmy se défend, elle explique que cela a été emporté l’hiver dernier par les eaux. René Pacory et René Pichard ont continué leur visite sur les terres attenantes au moulin et ont estimé à plusieurs journées de travaux pour réparer les haies à l’automne. La veuve Amiard se voit condamnée à payer 120 sols à François Taburet, elle règle ses dettes le jour même ainsi que les frais occasionnés par le procès verbal.

  1. que le four du dit lieu est tombé et en ruine et hors d’état de servir
  2. et qu’il faut qu’il soit refait de neuf ; et comme la ditte veufve
  3. ou son mary ne l’ont point chaufé et ne s’en sont point servy
  4. pendant leur jouissance pour quoy le dit fr. Thoumin a soutenu et
  5. pretend que la ditte veufve amiard est obligée de le rectifier
  6. a neuf a ses depends faute pour elle de s’en être servy ; la dite
  7. veufve nous a déclaré quelle n y est pas obligée attendu qu’il ne leur
  8. a pas esté mis en état lors de leur jouissance, …..

Les Taburet restent douze années dans le moulin de Lisle durant lesquelles, Françoise donne naissance à sept filles et aucun garçon. Le couple a renouvelé une fois le bail puis la famille part s’installer au moulin du Champs à Ambrières avec les quatre fillettes qui ont survécus à la forte mortalité infantile.

Le seigneur Philippe-René de Lisle décède en 1747, son frère Charles, ecclésiastique, hérite de la seigneurie mais n’en profite que quelques mois puisqu’il décède au château de Lisle le six décembre de la même année. Leur sœur Catherine-Anne de Lisle âgée de soixante-trois ans devient alors l’héritière de toutes les terres de l’Isle-du-Gast, durant vingt ans c’est avec elle que les baux du moulin de Lisle sont signés.

De gueules à une croix d’argent frettée d’azur.

Blason de René de Lisle du Gast, extrait de l’Armorial de France d’Hozier

La famille Pacory vient s’installer au moulin en 1753, quatre générations de meuniers vont se succéder pendant un siècle…
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  • POINTEAU Ch Abbé, Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, Laval, 1891, 648 pages [p 384 à 386]
  • ANGOT Alphonse Abbé, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, tome I à II, 1900 à 1906. http://angot.lamayenne.fr/
  • ANGOT Alphonse Abbé, GAUGAIN Ferdinand. Abbé, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, tome IV(supplément), 1909. http://angot.lamayenne.fr/
  • Archives Départementales de la Mayenne https://chercher-archives.lamayenne.fr/ Série E. État civil de Ambrières de 1700 à 1756 (E dépôt 2/E1 à E depôt 2/E7) ; état civil de Oisseau de 1741 à 1742 (E dépôt 127/E14) ; état civil de Saint-Fraimbault-de-Prières de 1705 à 1762 (4E 252/2, 4E 252/3).
  • D’HOZIER Charles-René, Volumes Reliés du Cabinet des titres. Armorial général de France XXXIII Tours, I, 1701-1800 page 403
  • Archives Départementales de la Mayenne : Série J. Seigneurie de Lisle 140J19 ; Baux du moulin de Lisle 140J26.

Paul Brihaye, un cousin d’Amérique (2)

2.Départ pour l’Amérique

Le "Canada" a effectué la liaison de Liverpool à Halifax de 1896 à 1926-Musée maritime de l'Atlantique de Halifax

Comme la plupart des migrants en provenance de l’Europe continentale, Paul Brihaye embarque en Grande-Bretagne sur un navire transatlantique. C’est sur le « Canada » qu’il fait sa traversée au départ de Liverpool le 6 avril 1905, le jeune homme fait parti des vingt Français parmi les huit-cent-quatre-vingts passagers majoritairement britanniques, Paul semble voyager seul. Il débarque à Halifax au Canada le 14 avril, il déclare être « farmer » (agriculteur) et vouloir rejoindre Winnipeg dans le Manitoba à 3500 kms à l’Ouest d’Halifax comme la majorité des passagers. Ces voyageurs font ce trajet en train depuis l’ouverture de la ligne en 1885. L’emplacement de Winnipeg fait de cette ville le point de départ de l’expansion vers l’Ouest et grâce à l’afflux des immigrants, elle devient rapidement la quatrième ville du Canada.

Pourtant le 26 mai suivant, Paul Brihaye entre par l’Est sur le territoire des États-Unis dans le Vermont. Au service de l’immigration, il déclare venir de Winnipeg, se rendre à Las Vegas au Nouveau Mexique, et se présente comme « rancher » (vacher), c’est son père qui a financé son voyage.

St Albans District manifest records of aliens arriving from foreign contiguous territory.FamilySearch N° de film 007543732

Une fois encore, le jeune homme change de destination puisqu’il réside à Saint-Paul dans le Minnesota durant l’été 1905, comme l’atteste sa fiche matricule militaire. Puis l’aventurier apparaît sur la liste des passagers étrangers du bureau de l’immigration du Texas au printemps 1906. Cette fois-ci, il dit venir de Saint-Paul, être « bookkeeper » (comptable) et souhaiter se rendre à El Paso avec 20 dollars en poche. Ces informations sont inscrites sur sa fiche individuelle de migration à son arrivée à El Paso.

Liste des passagers étrangers Bureau d’Immigration-Texas- Film N°100584962-Familysearch.com

Fiche individuelle de Paul Brihaye-Manifests of Arrivals at the Port of El Paso- Film N°007086010-Familysearch.com

Au cours de cette première année aux États-Unis, Paul rencontre la famille Sauber. Ce sont des Luxembourgeois naturalisés français, venant de Lorraine où sont nés leurs enfants entre 1875 et 1887 : Michel, Juliette, Bertha et Adrienne. Le père, Dominique, avait une entreprise de menuiserie, mais en 1895 il fait faillite et décide de migrer aux États-Unis. Le menuisier est rejoint par ses aînés en avril 1896 puis en décembre le reste de la famille débarque à New York. Le fils épouse Marie Bernard, la fille d’un teinturier et reprend l’entreprise de son beau-père à Saint-Paul au printemps 1905.

3.De l’Oklahoma au Minnesota

En 1905, un deuxième gisement de pétrole est découvert à Tulsa dans l’État de l’Oklahoma, celui-ci est encore plus important que le premier exploité depuis quatre ans, la ville sera surnommée « la capitale mondiale du pétrole ».

C’est dans cette cité en pleine expansion que Michel Sauber et Paul Brihaye s’associent pour fonder une laverie. Les premiers encarts publicitaires de la société apparaissent dans le journal « The Tulsa Democrat » au printemps 1907 :
« The Tulsa Democrat » du 10 janvier 1908 p 11

Au mois d’août suivant, Paul épouse à Saint-Paul la sœur de son associé : Marie Berthe Sauber, surnommée Bertha, une jeune femme de vingt-quatre ans aux yeux bleus.

Extrait de l’acte de marriage de Paul Brihaye et Bertha Sauber-Minnesota, County Marriages, 1860-1949-Film005193165-Familisearch.com

A partir de septembre 1910, le nom de Brihaye n’apparaît plus sur les annonces. Les deux beau-frères ont cessé leur collaboration depuis un an, Michel reste à Tulsa où son entreprise continue de croître jusque dans le milieu des années 20, puis il crée une nouvelle entreprise de nettoyage avec ses deux fils dans le Texas.

Le recensement de 1910 nous apprend que Paul et son épouse (colonne 3) sont installés à Minneapolis où il est salarié dans une laverie (colonnes 19 à 21) . Bertha n’a pas eu d’enfant (colonne 10) , elle ne travaille pas.

Recensement 1910 de Minneapolis-Film N°004972534-Familysearch.com

Un article de l’« Écho de l’Ouest », journal local francophone annonce que le couple aménage à Saint-Paul au Printemps 1912. Minneapolis et Saint Paul sont surnommées les « villes jumelles », toutes les deux s’étendent de part et d’autre du Mississippi, elles ont de grands espaces naturels faits de parcs et de lacs, bien que moins étendue et moins peuplée Saint Paul est la capitale du Minnesota, État qualifié de grenier à blé des États-Unis grâce à sa culture de blé d’hiver.

A l’automne de la même année, la jeune sœur de Bertha, Adrienne, se marie avec Berthil Anderson d’origine suédoise, le couple se loge dans le même secteur à l’Est de Saint Paul. De l’autre coté du Mississippi les parents Sauber vivent dans un quartier résidentiel où le père est ébéniste, Paul et Bertha ne restent pas dans leur location : ils s’installent au domicile des sexagénaires, une petite maison jumelée faite de bois avec un soubassement de pierre. Mme Sauber décède au printemps 1913 suivi en juillet de son époux, ils sont inhumés dans le cimetière Calvary de Saint Paul. Les quatre enfants se partagent les quelques centaines de dollars de la succession.

Tombe de Dominic et Susan Sauber-Cimetière Calvary de Saint-Paul- findagrave.com

La sœur aînée de Bertha, Juliette, a quitté Saint Paul avec son mari et ses trois enfants pour s’installer à Miles City dans le Montana, ils seront rejoint dans cet État frontalier du Canada par les Brihaye.

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1900-vue aérienne de Saint Paul

Ressources archivistiques :
Archives Départementales de Meurthe-et-Moselle :
-État civil de Gondreville de 1870 à 1900 : 5 Mi 230 R/6, 8 et 10 ; 2 Mi EC 230 R/1 et 2
-Dénombrement de 1891 et 1896, listes nominatives des habitants de Gondreville : 6 M 33/230
Bibliothèque nationale de France :
-Le Journal de Fourmies : éditions de 1876 à 1937

Sitographie :
http://www.bac-lac.gc.ca : site officiel Bibliothèque et Archives Canada (BAC), [consulté le 09 janvier 2021].
http://www.familysearch.org : Base de données renseignée par l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours, [consulté de janvier 2021 à février 2021]
N° de film 007543732 : St Albans District manifest records of aliens arriving from foreign contiguous territory.
N° de film 004539205 : Canada Passenger Lists,1881-1922-Halifax, Avril 1905-Library and Archives Canada, Ottawa, Ontario.
N° de film 100584962 : Texas and Arizona Arrivals, 1903-1910.
N° de film 007086010 : Texas, El Paso Manifests of Arrivals at the Port of El Paso,1905-1927- Washington, D.C.: National Archives and Records Administration, n.d.
N° de film 005193165 : Minnesota, County Marriages, 1860-1949
N° de film 004972534 : Minnesota, 1910 federal census : population schedules-Washington, D.C. : National Archives & Records Administration
-www.Ancestry.com : base de données Annuaires de ville, États-Unis, 1822 à 1995 [database on-line]. Provo, UT, USA [consulté du 12 au 17 février 2021]
-www.newspapers.com : site de presse d’Amérique du Nord par Ancestry [consulté du 02 au 09 février 2021]
-www.raogk.org : base de données généalogiques Random Acts of Genealogical Kindness [consulté en janvier 2021]
-www.kiosque.limedia.fr : Site Limédia Kiosque, Bibliothèques du Sillon Lorrain [consulté le 12 janvier 2021]
-www.minneapolishistorical.org : site de Preserve Minneapolis [consulté en janvier 2021]
-www.cardcow.com : site de vente en ligne de cartes postales vintages [consulté en janvier 2021]
-www.findagrave.com : base de données de tombes Find A Grave [consulté en janvier 2021]


Paul Brihaye, un cousin d’Amérique (1)

1.Une enfance dans l’Avesnois

Le 1er juillet 1873, à Anor, village de l’Avesnois, Sydonie Lécoyer, sœur de Mathilde (Lien vers la généalogie Lécoyer) épouse en seconde noce Charles Brihaye. Le couple s’installe à Fourmies, petite ville du Nord, où les industries de textile font vivre toute la famille Brihaye : Charles est comptable chez un négociant en laine, son frère Aimé contre-maître de filature, un autre directeur de filature et l’aîné est aubergiste après avoir été fileur de laine. Après trois années de mariage, ils deviennent propriétaire d’une maison et d’un terrain de quatre ares aux N°24 et N°26 de la rue des Rousseaux au centre de la ville. Sydonie met au monde quatre enfants, seuls Emma et Paul atteignent l’âge adulte. Ce dernier, né 2 ans après sa sœur, le 17 octobre 1878, porte aussi les prénoms de ses deux grands-pères : Victor et Prosper.

Paul Brihaye.
Collection personnelle L.Decroix

A la Saint-Martin suivant les six ans de Paul, la famille Brihaye assiste à la messe pour célébrer les Noces d’Or des grands-parents : Prosper Brihaye et Hortense Troclet, qualifiés par le journaliste de « deux honorables vieillards de 75 et 71 ans », ensuite tous se réunissent autour d’un banquet au Grand-Hôtel de Fourmies. Les septuagénaires vivent au domicile de leur fils Charles, où Hortense décède quatre ans plus tard.

A la lecture des journaux locaux, l’enfance de Paul se déroule sans encombre. Le jeune garçon fait preuve d’honnêteté lorsqu’il rapporte les objets qu’il trouve. C’est un écolier travailleur qui obtient son certificat d’étude primaire juste avant ses douze ans. Il se montre sportif à quatorze ans en remportant une médaille de bronze à la course cycliste d’Anor. Cette presse n’a pas permis d’établir si Paul a continué ses études dans sa région natale et notamment à l’école professionnelle de Fourmies bien qu’il soit noté comme étudiant sur sa fiche matricule militaire.

L’année de ses 12 ans, le 1er mai 1891, sur la Grand-Place de Fourmies, les soldats tirent sur la foule s’avançant vers la mairie pour libérer des manifestants, neuf personnes sont tuées dont des femmes et des enfants de l’âge de Paul. Cette tragique fusillade est commentée dans le monde entier et place Fourmies au cœur de l’actualité. Cet évènement a sans nul doute marqué l’enfance de Paul  car la maison familiale se situe à quelques dizaines de mètres du lieu du drame, d’autant plus que son père Charles œuvre pour « Les Prévoyants de l’Avenir », une caisse de prévoyance, dont il est président et donne des conférences pour solliciter l’adhésion des ouvriers.

En 1894, Emma se marie avec le vétérinaire Arthur Francq et le couple s’installe à Fourmies. L’année suivante le jeune femme de dix-neuf ans met au monde une fille : Marcelle.
A dix-huit ans, Paul, du haut de son mètre 67 se présente à la mairie de Rennes, capitale de la Bretagne, le jeune homme aux yeux bleus s’engage pour trois ans dans le 7ème régiment d’artillerie en garnison dans cette ville. La présence de Paul à Rennes peut s’expliquer ainsi : Son cousin germain Louis Bryhaie, dont l’orthographe du patronyme a été modifiée à l’état civil lors de sa déclaration de naissance, est négociant à Rennes et il gagne régulièrement les adjudications pour la fourniture de l’épicerie auprès du 7ème régiment d’artillerie au camp de Coëtquidan.

Fiche Matricule Militaire de Paul Brihaye, N°1663 classe 1898-Archives départementales du Nord 1 R 2548

Paul obtient le grade de Maréchal des Logis en deux ans et lorsque son engagement se termine, il rentre avec un certificat de bonne conduite. A l’automne 1902, il accompli une première période d’exercice dans le 40ème régiment d’artillerie, ensuite Paul Brihaye est dispensé pour la deuxième période car il ne réside plus en Europe.

Entre temps, Paul est retourné vivre chez ses parents et exerce la profession de trieur de laine. Jusqu’à quatre générations cohabitent rue des Rousseaux : Paul, ses parents, son aïeul paternel et sa nièce Marcelle Francq. Plusieurs évènements familiaux successifs vont faire qu’en 1906 Charles Brihaye sera seul à vivre dans la demeure avec une gouvernante. En 1899, Emma perd son mari suite à une maladie et confie sa fille à ses parents, l’année suivante le grand-père Prosper décède au domicile familial et sa belle-fille Sydonie lui survit trois années. Paul, devenu employé de commerce, se retrouve seul avec son père car la petite Marcelle est confiée à sa tante paternelle à Jeumont.

De gauche à droite : Paul Brihaye (à genoux), Emma Brihaye, Charles Brihaye, Marcelle Francq, inconnue, Sydonie Lécoyer. 1901. Collection personnelle L. Decroix

En mai 1904, Charles et ses deux enfants prennent connaissance de la succession de leur épouse et mère : Sydonie Lécoyer. Celle-ci avait hérité de son père, Victor Lécoyer, un ensemble de biens immobiliers à Anor : celui-ci constitue l’héritage des enfants estimé à 50000 Francs, le mari bénéficie de l’usufruit de la demeure de Fourmies acquise pendant le mariage, cette maison est estimée à 10000 Francs.

Extraits du registre de déclaration de succession 1904-Archives départementales du Nord-3Q542/88

Emma a refait sa vie à Trélon avec le Docteur Moret dont elle a trois enfants, les maisons d’Anor sont vendues et Paul décide de partir… A SUIVRE

Ressources archivistiques :
Archives Départementales du Nord :
-État civil de Fourmies de 1856 à 1931 : 5 Mi 011 R 013 à 016 ; 1 Mi EC 249 R 001 à 013 ; 3E9055 ; 3E9066
-Dénombrement de 1901 et 1906, listes nominatives des habitants de Fourmies : M 473/063/06 et M 474/245
-Dénombrement de 1906, liste nominative des habitants de Trélon : M 474/599
-Dénombrement de 1906, liste nominative des habitants de Jeumont : M 474/318
-Cadastre napoléonien de Fourmies 1825-1882 : P 31/707
-Table des états signalétiques et des services militaires subdivision d’Avesnes, classe 1898 : 1R02550 -État signalétique classe 1898 volume 4 : 1R2548
-Tables des successions du bureau de Trélon de 1884 à 1919 : 3Q-541bis/ 1 à 6
-Déclaration de mutation après décès de Sydonie Lécoyer 17/05/1904 N°95 : 3Q542/88

Archives Municipales de Rennes :
-Dénombrement de 1896 et 1901, liste nominative des habitants de Rennes : 1F90 et 1F94

Archives de l’État en Belgique :
-État civil de Momignies de 1823 à 1860 : BE-A0524/67545/0_0998 ; BE-A0524/97232/0_0005 ; BE-A0524/67544/0_0166 ; BE-A0524/66858/0_0504

Bibliothèque nationale de France :
-Le Journal de Fourmies : éditions de 1876 à 1937
-L’Ouest-Eclair : éditions de Rennes de 1899 à 1909

Bibliographie, sitographie :
Alain RUSTENHOLZ, « Les grandes luttes de la France ouvrière », Les beaux jours, Baume-Les-Dames 2008, [p114-119]
http://www.histoire-image.org : site internet Histoire par l’image de la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais, Danielle TARTAKOWSKY, « 1er mai 1891 : la fusillade de Fourmies », consulté le 20 janvier 2021.
Jean-Louis CHAPPAT, « Théophile Legrand », Tallandier, Paris 2018, [p11-30]

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