Mis en avant

Paul Brihaye, un cousin d’Amérique (1)

1.Une enfance dans l’Avesnois

Le 1er juillet 1873, à Anor, village de l’Avesnois, Sydonie Lécoyer, sœur de Mathilde (Lien vers la généalogie Lécoyer) épouse en seconde noce Charles Brihaye. Le couple s’installe à Fourmies, petite ville du Nord, où les industries de textile font vivre toute la famille Brihaye : Charles est comptable chez un négociant en laine, son frère Aimé contre-maître de filature, un autre directeur de filature et l’aîné est aubergiste après avoir été fileur de laine. Après trois années de mariage, ils deviennent propriétaire d’une maison et d’un terrain de quatre ares aux N°24 et N°26 de la rue des Rousseaux au centre de la ville. Sydonie met au monde quatre enfants, seuls Emma et Paul atteignent l’âge adulte. Ce dernier, né 2 ans après sa sœur, le 17 octobre 1878, porte aussi les prénoms de ses deux grands-pères : Victor et Prosper.

Paul Brihaye.
Collection personnelle L.Decroix

A la Saint-Martin suivant les six ans de Paul, la famille Brihaye assiste à la messe pour célébrer les Noces d’Or des grands-parents : Prosper Brihaye et Hortense Troclet, qualifiés par le journaliste de « deux honorables vieillards de 75 et 71 ans », ensuite tous se réunissent autour d’un banquet au Grand-Hôtel de Fourmies. Les septuagénaires vivent au domicile de leur fils Charles, où Hortense décède quatre ans plus tard.

A la lecture des journaux locaux, l’enfance de Paul se déroule sans encombre. Le jeune garçon fait preuve d’honnêteté lorsqu’il rapporte les objets qu’il trouve. C’est un écolier travailleur qui obtient son certificat d’étude primaire juste avant ses douze ans. Il se montre sportif à quatorze ans en remportant une médaille de bronze à la course cycliste d’Anor. Cette presse n’a pas permis d’établir si Paul a continué ses études dans sa région natale et notamment à l’école professionnelle de Fourmies bien qu’il soit noté comme étudiant sur sa fiche matricule militaire.

L’année de ses 12 ans, le 1er mai 1891, sur la Grand-Place de Fourmies, les soldats tirent sur la foule s’avançant vers la mairie pour libérer des manifestants, neuf personnes sont tuées dont des femmes et des enfants de l’âge de Paul. Cette tragique fusillade est commentée dans le monde entier et place Fourmies au cœur de l’actualité. Cet évènement a sans nul doute marqué l’enfance de Paul  car la maison familiale se situe à quelques dizaines de mètres du lieu du drame, d’autant plus que son père Charles œuvre pour « Les Prévoyants de l’Avenir », une caisse de prévoyance, dont il est président et donne des conférences pour solliciter l’adhésion des ouvriers.

En 1894, Emma se marie avec le vétérinaire Arthur Francq et le couple s’installe à Fourmies. L’année suivante le jeune femme de dix-neuf ans met au monde une fille : Marcelle.
A dix-huit ans, Paul, du haut de son mètre 67 se présente à la mairie de Rennes, capitale de la Bretagne, le jeune homme aux yeux bleus s’engage pour trois ans dans le 7ème régiment d’artillerie en garnison dans cette ville. La présence de Paul à Rennes peut s’expliquer ainsi : Son cousin germain Louis Bryhaie, dont l’orthographe du patronyme a été modifiée à l’état civil lors de sa déclaration de naissance, est négociant à Rennes et il gagne régulièrement les adjudications pour la fourniture de l’épicerie auprès du 7ème régiment d’artillerie au camp de Coëtquidan.

Fiche Matricule Militaire de Paul Brihaye, N°1663 classe 1898-Archives départementales du Nord 1 R 2548

Paul obtient le grade de Maréchal des Logis en deux ans et lorsque son engagement se termine, il rentre avec un certificat de bonne conduite. A l’automne 1902, il accompli une première période d’exercice dans le 40ème régiment d’artillerie, ensuite Paul Brihaye est dispensé pour la deuxième période car il ne réside plus en Europe.

Entre temps, Paul est retourné vivre chez ses parents et exerce la profession de trieur de laine. Jusqu’à quatre générations cohabitent rue des Rousseaux : Paul, ses parents, son aïeul paternel et sa nièce Marcelle Francq. Plusieurs évènements familiaux successifs vont faire qu’en 1906 Charles Brihaye sera seul à vivre dans la demeure avec une gouvernante. En 1899, Emma perd son mari suite à une maladie et confie sa fille à ses parents, l’année suivante le grand-père Prosper décède au domicile familial et sa belle-fille Sydonie lui survit trois années. Paul, devenu employé de commerce, se retrouve seul avec son père car la petite Marcelle est confiée à sa tante paternelle à Jeumont.

De gauche à droite : Paul Brihaye (à genoux), Emma Brihaye, Charles Brihaye, Marcelle Francq, inconnue, Sydonie Lécoyer. 1901. Collection personnelle L. Decroix

En mai 1904, Charles et ses deux enfants prennent connaissance de la succession de leur épouse et mère : Sydonie Lécoyer. Celle-ci avait hérité de son père, Victor Lécoyer, un ensemble de biens immobiliers à Anor : celui-ci constitue l’héritage des enfants estimé à 50000 Francs, le mari bénéficie de l’usufruit de la demeure de Fourmies acquise pendant le mariage, cette maison est estimée à 10000 Francs.

Extraits du registre de déclaration de succession 1904-Archives départementales du Nord-3Q542/88

Emma a refait sa vie à Trélon avec le Docteur Moret dont elle a trois enfants, les maisons d’Anor sont vendues et Paul décide de partir… A SUIVRE

Ressources archivistiques :
Archives Départementales du Nord :
-État civil de Fourmies de 1856 à 1931 : 5 Mi 011 R 013 à 016 ; 1 Mi EC 249 R 001 à 013 ; 3E9055 ; 3E9066
-Dénombrement de 1901 et 1906, listes nominatives des habitants de Fourmies : M 473/063/06 et M 474/245
-Dénombrement de 1906, liste nominative des habitants de Trélon : M 474/599
-Dénombrement de 1906, liste nominative des habitants de Jeumont : M 474/318
-Cadastre napoléonien de Fourmies 1825-1882 : P 31/707
-Table des états signalétiques et des services militaires subdivision d’Avesnes, classe 1898 : 1R02550 -État signalétique classe 1898 volume 4 : 1R2548
-Tables des successions du bureau de Trélon de 1884 à 1919 : 3Q-541bis/ 1 à 6
-Déclaration de mutation après décès de Sydonie Lécoyer 17/05/1904 N°95 : 3Q542/88

Archives Municipales de Rennes :
-Dénombrement de 1896 et 1901, liste nominative des habitants de Rennes : 1F90 et 1F94

Archives de l’État en Belgique :
-État civil de Momignies de 1823 à 1860 : BE-A0524/67545/0_0998 ; BE-A0524/97232/0_0005 ; BE-A0524/67544/0_0166 ; BE-A0524/66858/0_0504

Bibliothèque nationale de France :
-Le Journal de Fourmies : éditions de 1876 à 1937
-L’Ouest-Eclair : éditions de Rennes de 1899 à 1909

Bibliographie, sitographie :
Alain RUSTENHOLZ, « Les grandes luttes de la France ouvrière », Les beaux jours, Baume-Les-Dames 2008, [p114-119]
http://www.histoire-image.org : site internet Histoire par l’image de la Réunion des musées nationaux et du Grand Palais, Danielle TARTAKOWSKY, « 1er mai 1891 : la fusillade de Fourmies », consulté le 20 janvier 2021.
Jean-Louis CHAPPAT, « Théophile Legrand », Tallandier, Paris 2018, [p11-30]

Paul Brihaye, un cousin d’Amérique (2)

2.Départ pour l’Amérique

Le "Canada" a effectué la liaison de Liverpool à Halifax de 1896 à 1926-Musée maritime de l'Atlantique de Halifax

Comme la plupart des migrants en provenance de l’Europe continentale, Paul Brihaye embarque en Grande-Bretagne sur un navire transatlantique. C’est sur le « Canada » qu’il fait sa traversée au départ de Liverpool le 6 avril 1905, le jeune homme fait parti des vingt Français parmi les huit-cent-quatre-vingts passagers majoritairement britanniques, Paul semble voyager seul. Il débarque à Halifax au Canada le 14 avril, il déclare être « farmer » (agriculteur) et vouloir rejoindre Winnipeg dans le Manitoba à 3500 kms à l’Ouest d’Halifax comme la majorité des passagers. Ces voyageurs font ce trajet en train depuis l’ouverture de la ligne en 1885. L’emplacement de Winnipeg fait de cette ville le point de départ de l’expansion vers l’Ouest et grâce à l’afflux des immigrants, elle devient rapidement la quatrième ville du Canada.

Pourtant le 26 mai suivant, Paul Brihaye entre par l’Est sur le territoire des États-Unis dans le Vermont. Au service de l’immigration, il déclare venir de Winnipeg, se rendre à Las Vegas au Nouveau Mexique, et se présente comme « rancher » (vacher), c’est son père qui a financé son voyage.

St Albans District manifest records of aliens arriving from foreign contiguous territory.FamilySearch N° de film 007543732

Une fois encore, le jeune homme change de destination puisqu’il réside à Saint-Paul dans le Minnesota durant l’été 1905, comme l’atteste sa fiche matricule militaire. Puis l’aventurier apparaît sur la liste des passagers étrangers du bureau de l’immigration du Texas au printemps 1906. Cette fois-ci, il dit venir de Saint-Paul, être « bookkeeper » (comptable) et souhaiter se rendre à El Paso avec 20 dollars en poche. Ces informations sont inscrites sur sa fiche individuelle de migration à son arrivée à El Paso.

Liste des passagers étrangers Bureau d’Immigration-Texas- Film N°100584962-Familysearch.com

Fiche individuelle de Paul Brihaye-Manifests of Arrivals at the Port of El Paso- Film N°007086010-Familysearch.com

Au cours de cette première année aux États-Unis, Paul rencontre la famille Sauber. Ce sont des Luxembourgeois naturalisés français, venant de Lorraine où sont nés leurs enfants entre 1875 et 1887 : Michel, Juliette, Bertha et Adrienne. Le père, Dominique, avait une entreprise de menuiserie, mais en 1895 il fait faillite et décide de migrer aux États-Unis. Le menuisier est rejoint par ses aînés en avril 1896 puis en décembre le reste de la famille débarque à New York. Le fils épouse Marie Bernard, la fille d’un teinturier et reprend l’entreprise de son beau-père à Saint-Paul au printemps 1905.

3.De l’Oklahoma au Minnesota

En 1905, un deuxième gisement de pétrole est découvert à Tulsa dans l’État de l’Oklahoma, celui-ci est encore plus important que le premier exploité depuis quatre ans, la ville sera surnommée « la capitale mondiale du pétrole ».

C’est dans cette cité en pleine expansion que Michel Sauber et Paul Brihaye s’associent pour fonder une laverie. Les premiers encarts publicitaires de la société apparaissent dans le journal « The Tulsa Democrat » au printemps 1907 :
« The Tulsa Democrat » du 10 janvier 1908 p 11

Au mois d’août suivant, Paul épouse à Saint-Paul la sœur de son associé : Marie Berthe Sauber, surnommée Bertha, une jeune femme de vingt-quatre ans aux yeux bleus.

Extrait de l’acte de marriage de Paul Brihaye et Bertha Sauber-Minnesota, County Marriages, 1860-1949-Film005193165-Familisearch.com

A partir de septembre 1910, le nom de Brihaye n’apparaît plus sur les annonces. Les deux beau-frères ont cessé leur collaboration depuis un an, Michel reste à Tulsa où son entreprise continue de croître jusque dans le milieu des années 20, puis il crée une nouvelle entreprise de nettoyage avec ses deux fils dans le Texas.

Le recensement de 1910 nous apprend que Paul et son épouse (colonne 3) sont installés à Minneapolis où il est salarié dans une laverie (colonnes 19 à 21) . Bertha n’a pas eu d’enfant (colonne 10) , elle ne travaille pas.

Recensement 1910 de Minneapolis-Film N°004972534-Familysearch.com

Un article de l’« Écho de l’Ouest », journal local francophone annonce que le couple aménage à Saint-Paul au Printemps 1912. Minneapolis et Saint Paul sont surnommées les « villes jumelles », toutes les deux s’étendent de part et d’autre du Mississippi, elles ont de grands espaces naturels faits de parcs et de lacs, bien que moins étendue et moins peuplée Saint Paul est la capitale du Minnesota, État qualifié de grenier à blé des États-Unis grâce à sa culture de blé d’hiver.

A l’automne de la même année, la jeune sœur de Bertha, Adrienne, se marie avec Berthil Anderson d’origine suédoise, le couple se loge dans le même secteur à l’Est de Saint Paul. De l’autre coté du Mississippi les parents Sauber vivent dans un quartier résidentiel où le père est ébéniste, Paul et Bertha ne restent pas dans leur location : ils s’installent au domicile des sexagénaires, une petite maison jumelée faite de bois avec un soubassement de pierre. Mme Sauber décède au printemps 1913 suivi en juillet de son époux, ils sont inhumés dans le cimetière Calvary de Saint Paul. Les quatre enfants se partagent les quelques centaines de dollars de la succession.

Tombe de Dominic et Susan Sauber-Cimetière Calvary de Saint-Paul- findagrave.com

La sœur aînée de Bertha, Juliette, a quitté Saint Paul avec son mari et ses trois enfants pour s’installer à Miles City dans le Montana, ils seront rejoint dans cet État frontalier du Canada par les Brihaye.

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1900-vue aérienne de Saint Paul

Ressources archivistiques :
Archives Départementales de Meurthe-et-Moselle :
-État civil de Gondreville de 1870 à 1900 : 5 Mi 230 R/6, 8 et 10 ; 2 Mi EC 230 R/1 et 2
-Dénombrement de 1891 et 1896, listes nominatives des habitants de Gondreville : 6 M 33/230
Bibliothèque nationale de France :
-Le Journal de Fourmies : éditions de 1876 à 1937

Sitographie :
http://www.bac-lac.gc.ca : site officiel Bibliothèque et Archives Canada (BAC), [consulté le 09 janvier 2021].
http://www.familysearch.org : Base de données renseignée par l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours, [consulté de janvier 2021 à février 2021]
N° de film 007543732 : St Albans District manifest records of aliens arriving from foreign contiguous territory.
N° de film 004539205 : Canada Passenger Lists,1881-1922-Halifax, Avril 1905-Library and Archives Canada, Ottawa, Ontario.
N° de film 100584962 : Texas and Arizona Arrivals, 1903-1910.
N° de film 007086010 : Texas, El Paso Manifests of Arrivals at the Port of El Paso,1905-1927- Washington, D.C.: National Archives and Records Administration, n.d.
N° de film 005193165 : Minnesota, County Marriages, 1860-1949
N° de film 004972534 : Minnesota, 1910 federal census : population schedules-Washington, D.C. : National Archives & Records Administration
-www.Ancestry.com : base de données Annuaires de ville, États-Unis, 1822 à 1995 [database on-line]. Provo, UT, USA [consulté du 12 au 17 février 2021]
-www.newspapers.com : site de presse d’Amérique du Nord par Ancestry [consulté du 02 au 09 février 2021]
-www.raogk.org : base de données généalogiques Random Acts of Genealogical Kindness [consulté en janvier 2021]
-www.kiosque.limedia.fr : Site Limédia Kiosque, Bibliothèques du Sillon Lorrain [consulté le 12 janvier 2021]
-www.minneapolishistorical.org : site de Preserve Minneapolis [consulté en janvier 2021]
-www.cardcow.com : site de vente en ligne de cartes postales vintages [consulté en janvier 2021]
-www.findagrave.com : base de données de tombes Find A Grave [consulté en janvier 2021]


Paul Brihaye, un cousin d’Amérique (3)

4.La Première Guerre mondiale

Lors de la mobilisation générale le 1er août 1914, Paul Brihaye ne rejoint pas son affectation sur le sol français, il est déclaré insoumis en mars 1915. Les insoumis risquent d’être condamnés à être fusillés, ces derniers sont peu nombreux : 1,5 % des mobilisés. Par cet acte, Paul s’interdit tout retour dans son pays natal. Il sera amnistié en 1931, le jour de ses cinquante-trois ans.

Extrait de la fiche Matricule Militaire de Paul Brihaye, N°1663 classe 1898-Archives départementales du Nord 1 R 2548

En France, son père, Charles Brihaye décède le 19 août 1914 et une semaine plus tard les troupes allemandes envahissent Fourmies. Pendant quatre longues années les habitants sont soumis aux exigences de l’occupant : réquisitions, travaux forcés, démantèlements des outils industriels, exils… De ce fait, la succession de Charles ne sera pas réglée avant 1930.

Neutre au début de la Première Guerre mondiale, les États-Unis s’engage auprès de la Triple-Entente le 6 avril 1917. Ne disposant que d’une armée de métier, un premier recrutement a lieu en juin 1917 pour les hommes de 21 à 31 ans, qui une fois entraînés rejoignent sur le front les citoyens américains combattant comme volontaires dans les forces alliées depuis le début du conflit. Un second recrutement commence en juin 1918 pour ceux qui avait atteint 21 ans dans l’année. Paul Brihaye ayant 39 ans, il n’est appelé à se faire enregistrer que lors du troisième recrutement à partir d’août 1918 : sa carte permet de connaître de nouvelles informations comme son adresse dans le Montana (2), son métier « tailor and cleaner » (tailleur et nettoyeur)(16) à son compte (17), son lieu de travail (18). Il est décrit physiquement verso de la carte : c’est un homme de taille et de corpulence moyenne aux yeux bleus et cheveux foncés. Sur les quatre millions de conscrits, seulement la moitié traverse l’Atlantique et Paul ne fait pas partie de ceux-là. Plus de 120 000 soldats américains perdent la vie durant ce conflit.

Draft Registration Card de Paul Brihaye-Film N°005241977-Familysearch.com

5.Le Montana

Le couple est maintenant installé à Lewistown, ville de cinq mille habitants dans le Montana, située à mille cinq cents kilomètres à l’ouest de Saint Paul et à trois cents kilomètres de la frontière canadienne. A la fin du XIXème siècle, c’était un État où l’on se ruait pour l’or, puis la découverte du cuivre et de l’argent l’enrichissent. En 1910, on commence à exploiter les premiers gisements de pétrole. Lorsque les Brihaye s’y installent en 1914, les habitants de Lewistown vivent de l’agriculture et principalement de l’élevage, on peut y assister à des parades de machines agricoles.

Après avoir travaillé comme tailleur pour M.Kouyoumjian dans la rue principale, Paul se met à son compte dans un atelier en centre ville, son domicile est à une dizaine de minutes à pied dans un quartier résidentiel, il est locataire. En plus de la « Registred Card » divers documents corroborent ces informations : articles de presse, annuaires et le recensement de 1920 (colonne 7 : r maison en location ; colonne 14 : al étranger ; colonne 26 et 27 : laveur dans une laverie ; colonne 28 : o.a à son compte)

Recensement 1920 de Lewistown-Film N°004966347-Familisearch.com

En 1922, le couple rend visite à la jeune sœur de Bertha, maman d’une fillette de sept ans. Deux ans plus tard les Brihaye quittent le Montana, ils y ont séjourné une dizaine d’années.

1908-Aperçu de Lewistown du haut du palais de justice en direction du Nord Est avec le mont Judith à l’arrière-plan -Lewinstown Public Library

6.Le Minnesota : sa dernière demeure

A son retour dans le Minnesota, Paul est employé dans diverses laveries et déménage à plusieurs reprises, il semble échapper au chômage consécutif du krach boursier de 1929, et est témoin des émeutes de Minneapolis provoquées par la famine. C’est en étudiant les différents items du recensement de 1930 que l’on peut lire que le couple est propriétaire de sa maison estimée à 4000$ (conne 7 et 8) et que Paul Brihaye n’est pas un « vétéran » (colonne 30) .

Recensement 1930 de Minneapolis-Film N°004951349-Familisearch.com

En 1932, après sept années de salariat, le couple devient propriétaire d’un pressing dans un centre commercial de Minneapolis à l’angle de la Grand avenue Sud (N°3544) et de la 38ème Ouest, la boutique est entourée d’autres magasins de proximité : un cordonnier, un barbier, un centre de beauté. Cet achat a pu être financé par la vente de la maison rue des Rousseaux à Fourmies dont le bénéfice a été partagé avec sa sœur Emma.

Annuaires de ville États-Unis, 1822 à 1995. ancestry.com

Cinq ans durant Paul et Bertha travaillent et résident à l’adresse du magasin situé près du lac Harriet. Un mardi après-midi du mois août 1937, Paul est victime d’une hémorragie cérébrale, il meurt dans la journée à son domicile, il n’a pas 59 ans. Son certificat de décès informe qu’il souffrait depuis vingt ans d’une malformation cardiaque, celle-ci se manifestant au mieux par des essoufflements. Il est enterré dans le cimetière Calvary à Saint Paul comme ses beaux-parents .

Certificat de décès de Paul Brihaye-MNHS Death Certificate order

Bertha continue à faire fonctionner la petite entreprise et la rebaptise « Blue Ribbon » (le Ruban bleu), mais au bout de deux ans, elle quitte le Minnesota pour rejoindre son frère Michel dans le Texas. C’est là-bas qu’elle demande sa nationalité américaine à l’age de soixante-dix ans puis malade, elle est admise à l’hôpital de San Antonio où elle décède après avoir chuté dans la salle commune. Bertha ne repose pas au coté de son mari mais dans le cimetière de Seguin au Texas.

Tombe de Bertha Brihaye-Saint James Cemetery-billiongraves.com-Photo de J. Pergler-2013

Ressources archivistiques :
Archives Départementales du Nord :
-État civil de Fourmies de 1900 à 1931 : 3E9055 ; 3E9066
-Table des états signalétiques et des services militaires subdivision d’Avesnes, classe 1898 : 1R02550 -État signalétique classe 1898 volume 4 : 1R2548
-Tables des successions du bureau de Trélon de 1884 à 1919 : 3Q-541bis/ 1 à 6


Bibliographie, sitographie :
-www.familysearch.org : Base de données renseignée par l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours, mise à jour le 01/09/2018, [consulté de janvier 2021 à février 2021]
N° de film N°005241977 : Draft Registration Card
N° de film N°004966347 : Montana, 1920 federal census, soundex and population schedules- Washington, D.C. : National Archives & Records AdministrationMontana, 1920 federal census
N° de film N°004951349 : United States Census, 1930, population schedule -Washington D.C.: National Archives & Records Administration, 2002
N° de film 004147091 : Texas, Bexar County, San Antonio, naturalization index.
N° de film 005145460 : TexasDeaths,1890-1976-CertificatN°36425-cert. nos. 36034-37400 Jul. 1959, Anderson County – Dallas Count
-www.mnhs.org : Minnesota Historical Society, Saint-Paul [consulté le 23 janvier 2021]
-www.Ancestry.com : base de données Annuaires de ville, États-Unis, 1822 à 1995 [database on-line]. Provo, UT, USA
-www.newspapers.com : site de presse d’Amérique du Nord par Ancestry [consulté du 02 au 09 février 2021]
-www.minneapolishistorical.org : site de Preserve Minneapolis [consulté en janvier 2021]
-www.cardcow.com : site de vente en ligne de cartes postales vintages [consulté en janvier 2021]
-www.findagrave.com : base de données de tombes Find A Grave [consulté en janvier 2021]
-www.billiongraves.com : base de données de tombes BillionGraves [consulté en janvier 2021]

Remerciements :
Sarah Dehon, généalogiste française aux États-Unis.
Annabelle Billot, généalogiste dans les Hauts-de-France.
Brigitte Moris, correctrice.
William James, traduction de document.

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Les meuniers du moulin de Lisle (1)

Le lac de Haute Mayenne, d’une superficie d’environ 123 hectares, s’étend sur près de 6 kms sur les communes d’Ambrières-les-Vallées, la Haie-Traversaine, et sur la rive gauche : Saint-Fraimbault-de-Prières et Saint-Loup-du-Gast. Ce lac est alimenté par les eaux de la Mayenne, de la Colmont, de la Varenne et celles des ruisseaux du Pontceau et du Pigray. C’est une retenue d’eau artificielle, en forme de bottine, créée suite à la construction du barrage de Saint-Fraimbault-de-Prières sur la Mayenne. D’une longueur de 210 mètres et d’une hauteur maximum de 15,5 mètres, le barrage a été inauguré le 14 octobre 1978 après 3 années de travaux. Outre la construction du barrage, il a fallu relever les futures berges du lac et aussi démonter plusieurs bâtiments tous situés sur la commune de Saint-Fraimbault-de-Prières dont le moulin de Lisle, l’habitation de la Lavanderie et la ferme de l’Epinay. Six ans après la mise en eaux, une centrale électrique est construite.
Ce lac permet d’avoir une réserve d’eau pour satisfaire les ressources en eau potable en aval et réguler le débit de la Mayenne.

Le moulin de Lisle appartient aux propriétaires du château de L’Isle-du-Gast (aujourd’hui nommé Saint-Georges-de-Lisle), qui surplombe la Mayenne du haut de son rocher, au dessus de l’actuel barrage. Les fermiers viennent y moudre leur grain dont une partie est revendue aux tisserands et autres habitants qui fabriquent leur pain. Le premier bail du moulin retrouvé dans les archives de la Seigneurie de Lisle a été passé par René de Lisle pour Gilles Roullaye en 1567 pour 67 livres par an et d’une durée de 3 ans. René de Lisle meurt la même année sans succession. Ses oncles Jean, René et Paul héritent des terres. René, curé de Saint-Fraimbault décède et Jean rachète les terres de son frère Paul.

Les baux du XVIIe siècle n’ont pas été conservés dans les archives de la Seigneurie de Lisle. Les descendants de Paul de Lisle sont protestants, certains d’entre eux vont s’exiler, en emportant leurs titres de propriété. C’est le cas de Benjamin de Lisle qui omet ses devoirs féodaux envers les Cisterciens de Fontaine-Daniel, ils le déclarent déchu de ses privilèges y compris celui de pêcher dans la Mayenne. Mais quand le Père cellérier (chargé de veiller aux biens matériels), pour affirmer les droits de l’abbaye, vient jeter son filet dans la rivière sous les fenêtres du château, il est tué. Accusé, Benjamin de L’Isle s’enfuit et quelques mois plus tard il est emprisonné puis condamné à l’exil. Il émigre avec sa femme en Hollande en 1691, laissant au Château de Lisle leurs neufs jeunes enfants dont Philippe-René de Lisle, ils sont alors élevés dans la religion catholique par un curateur.

Extrait de Carte de Cassini en couleur (feuilles gravées et aquarellées), issue de l’exemplaire dit de « Marie-Antoinette » du XVIIIe siècle. Géoportail.gouv.fr
Extrait de Carte de Cassini en couleur (feuilles gravées et aquarellées), issue de l’exemplaire dit de « Marie-Antoinette » du XVIIIe siècle. Géoportail.gouv.fr

Fin 1717, Pierre Le Vazeux âgé d’une cinquantaine d’années et sa femme Françoise Chelot renouvellent leur bail auprès du Seigneur Philippe-René de Lisle. Le notaire de Mayenne s’est déplacé au château pour l’occasion et deux témoins signent le bail : le menuisier Claude Ollivier et le cordonnier François Le Tondeux, le couple de meunier déclare ne pas savoir signer. Le bail les engage pour une durée de six ans à compter de la Saint Georges de l’année suivante (23 avril). Ils doivent payer annuellement 320 livres en deux fois : à la Toussaint et à la Saint Georges. En plus ils doivent entretenir le moulin, les bâtiments et les dépendances et fournir six chapons engraissés au carabin (sarrasin), douze poulets et six canards par an au Seigneur de Lisle. Le bail stipule qu’en cas de décès de l’un ou l’autre, le survivant devra prévenir de son départ au moins 6 mois avant, sinon il devra finir l’année en cours.
Le couple réside à Saint-Fraimbault-de-Prières depuis plus de 34 ans car de leur union sont nés dans cette paroisse : quatre garçons et six filles entre 1683 et 1698. Les registres paroissiaux de Saint-Fraimbault-de-Prières de 1716 à 1733 étant lacunaires, il n’a pas été possible de retrouver les dates de décès du couple sur cette commune.

Extrait du bail du moulin de Lisle entre Philippe-René de Lisle et Pierre le Vazeux en 1717-AD53-140J26

Au printemps 1726, après avoir signé un bail avec le Seigneur Philippe-René de Lisle, Mathieu Galicier et Catherine Sommier s’installent au moulin de Lisle. Le couple doit verser 420 livres annuellement et le même nombre de volailles que leurs prédécesseurs, le bail est signé pour une durée de 9 ans. Mathieu Galicier a 35 ans, il est né à Oisseau où son père Jean était meunier. Il a vécut à Chantrigné avec sa première épouse Michelle Gaultier, de cette union deux fils ont survécu : Jean et Mathieu. Sa seconde femme est originaire de la paroisse de Lassay où le couple s’est marié en 1722, Renée et François voient le jour à Lassay. Lorsque la famille s’installe au moulin de Lisle, les quatre enfants sont âgés de 1 à 9 ans. Deux autres enfants, Marie et Pierre, naissent à Saint-Fraimbault-de-Prières, la famille quitte le moulin un an avant la fin du bail. En 1734, chez Jean Le Peltier fermier général des terres du fief et seigneurie de Lisle, le notaire Augustin Maret fait une subrogation de bail entre le meunier Mathieu Le Galicier et Urbain Amiard, meunier à Saint-Georges-Buttavent, aux mêmes conditions.

Urbain Amiard est né à Aron en 1676. Sa femme Marie Fourmy est née en 1688 à Saint-Fraimbault-de-Prières, le couple s’y marie le 25 novembre 1706. Il s’installe d’abord à Mayenne où vit encore la mère d’Urbain, c’est là que leur premier enfant nait : Marie, puis en 1710 le couple vit à Saint Fraimbault-de-Prières où Marie Fourmy donne naissance à un premier fils nommé Michel. Leur troisième enfant voit le jour en février 1720 à Oisseau, il porte le prénom de son père et celui de son parrain : Urbain-Etienne. Ces déplacements sont certainement liés à la profession de meunier, que Michel et Urbain-Etienne pratiqueront. Urbain Amiard décède au moulin de Lisle le 28 août 1740, âgé de 64 ans. Le lendemain, sa veuve, ses fils Michel et Urbain assistent à son inhumation au cimetière de la paroisse de Saint-Fraimbault. Suite à la disparition de son mari, Marie Fourmy continue d’occuper le moulin de Lisle et un autre meunier, François Taburet, vient s’installer à la Saint Georges de 1741, après avoir signé un bail en septembre 1740.

Sépulture d’Urbain Amiard en 1740-AD53-4E252/2

A suivre, les meuniers Taburet, Pacory, Lemonnier etc… Pensez à vous abonner au site ou à la page FB

Sources :

  • POINTEAU Ch Abbé, Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, Laval, 1891, 648 pages [page 250 à 277]
  • ANGOT Alphonse Abbé, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, tome I à II, 1900 à 1906. http://angot.lamayenne.fr/
  • ANGOT Alphonse Abbé, GAUGAIN Ferdinand. Abbé, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, tome IV(supplément), 1909. http://angot.lamayenne.fr/
  • Archives Départementales de la Mayenne https://chercher-archives.lamayenne.fr/ Série E. Etat civil de Brécé de 1672 à 1692 (E dépôt 29/E2) ; état civil de Chantrigné de 1715 à 1733 (E dépôt 39/E8, E dépôt 39/E19) ; état civil de Lassay-les-Châteaux 1721 à 1758 (E dépôt 94/E10, E dépôt 94/E11) ; état civil de Mayenne Notre-Dame 1753 (Collection communale) ; état civil de Oisseau de1680 à 1694 et 1718 à 1725 (E dépôt 127/E7, E dépôt 127/E11) ; état civil de Saint-Fraimbault-de-Prières de 1683 à 1742 (4E 252/1, 4E 252/2, E dépôt 159/E1).
  • Archives Départementales de la Mayenne : Série J. Seigneurerie de Lisle 140J19 ; Baux du moulin de Lisle 140J26.

Les lécoyer d’Anor et leur descendance

Les recherches qui suivent tendent à comprendre comment le patronyme de Mathilde Lécoyer (1840-1899) a disparu de la commune d’Anor. Alors que les derniers documents familiaux de la fin du XIXème siècle font apparaître une prospérité de cette famille, notamment par la possession de nombreuses propriétés.

Les recherches aux archives, détaillées dans un guide commenté, ont permis d’établir la lignée des Lécoyer et leur mode de vie principalement au XIXème siècle. Enfin la vie du père de Mathilde Lécoyer, Victor, est particulièrement détaillée car c’est celle qui a été la plus marquante pour le village d’Anor.

1er Extrait : Le patronyme Lécoyer
Historiquement, au Moyen-Age nos ancêtres portaient un nom unique. Puis le phénomène des surnoms liés à une particularité physique, au métier pratiqué, au lieu de vie se développent. Les enfants peuvent porter, en guise de nom, le prénom d’un des parents. Ce n’est qu’au début du XIXème siècle que le nom de famille s’impose dans les actes mais sans fixer l’orthographe.
La difficulté principale est la variété d’orthographe du patronyme dans les actes. Cette dernière est liée à la phonétique de ce patronyme (Lescohier, Lécohier, Lécolier, Lécollier, Lécuyer, Lécoyer). Les actes des registres de catholicité sont écrits par le curé ou le vicaire de la paroisse. Il décide donc de la formule et celle-ci peut varier dans un même registre. Ils sont écrits en latin et les déclarants ne paraphent pas, même s’ils savent signer, car l’acte est un enregistrement des cultes : baptême, mariage, sépulture. C’est donc le curé qui décide de l’orthographe de ces actes. A Anor, l’orthographe au XIIIème siècle est Lescohier
Ce n’est qu’au début du XIXème siècle que la signature s’impose dans les actes. C’est donc l’orthographe du parapheur qui est retenue, celui-ci orthographiant son nom ainsi : Lescohier évoluant en Lécoyer au fil des ans. C’est le trisaïeul de Mathilde Lécoyer qui montre cette évolution, il est baptisé Lescohier en 1711 (acte rédigé en latin), mais il signe Lécoyer à son mariage en 1745 (acte rédigé en français). Les tables décennales, apparues au début du XIXème siècle, permettent de faciliter les recherches. Elles étaient recopiées à partir des actes par les secrétaires de mairie. Ceux-ci réécrivaient scrupuleusement leur orthographe ou celle de leur collègue. Ceci contraint à vérifier systématiquement les actes dont l’orthographe n’est pas celle des Lescohier ou Lécoyer.
On peut penser que ce patronyme provient du mot Scohy : porté dans le département du Nord et en Belgique, le nom désigne en wallon un pelletier ou un tanneur (en ancien français escohier), qui a donc évolué en Lécoyer.

Mathilde Flore Lécoyer. Collection personnelle L.Decroix

2ème Extrait : Généalogie ascendante patronymique : de Mathilde à François Lécoyer
x = mariage (xx = 2ème mariage, etc.)
1 Mathilde Flore Lécoyer, née le 30 avril 1840, Anor (59), décédée le 1er juin 1899, Anor (59) (à l’âge de 59 ans), Marchande de quincaillerie. Parents : 2 et 3.
x Mariée le 25 janvier 1858, Anor (59), avec Louis Joseph Théodore Proisy, né le 27 septembre 1834, Buironfosse (02), décédé le 2 mars 1871, Buironfosse (02) (à l’âge de 36 ans), Marchand quincailler,
xx Mariée le 26 octobre 1876, Buironfosse (02), avec Jean-François Oget, né le 2 septembre 1847, Buironfosse (02), décédé le 19 avril 1903, Anor (59) (à l’âge de 55 ans) , Garçon boucher, propriétaire, rentier.
Parents
2 Nicolas joseph Victor Lécoyer, né le 5 juillet 1813, Anor (59), décédé le 28 septembre 1893, Anor (59) (à l’âge de 80 ans), Entrepreneur, Propriétaire et Palonnier. Parents : 4 et 5.
x Marié le 10 août 1836, Fourmies (59), avec…
3 Eléonore Dromeray, née le 9 décembre 1817, Fourmies (59), décédée le 20 mars 1871, Anor (59) (à l’âge de 53 ans).
xx Marié (2) le 2 septembre 1873, Anor (59), avec Marie Louise Adèle Troquelet, née le 22 décembre 1822, Momignies, Hainaut (B), décédée, Ménagère.
Aïeul(e)
4 Nicolas Joseph Lécoyer, né le 6 février 1781, Anor (59), décédé le 26 février 1871, Anor (59) (à l’âge de 90 ans), Palonnier, Propriétaire. Parents : 8 et 9.
x Marié le 20 mai 1809, Anor (59), avec…
5 Victoire Joseph Delloue, née le 28 septembre 1785, Anor (59), décédée le 30 novembre 1864, Anor (59) (à l’âge de 79 ans).
Bisaïeul(e)
8 François Joseph Lécoyer, né le 26 juin 1750, Anor (59), décédé le 30 janvier 1832, Anor (59) (à l’âge de 81 ans), Palonnier, Voiturier, propriétaire. Parents : 16 et 17.
x Marié le 15 avril 1777, Anor (59), avec…
9 Marie Joseph Jacquot, née le 2 janvier 1745, Anor (59), décédée le 24 septembre 1822, Anor (59) (à l’âge de 77 ans).
Trisaïeul(e)
16 Joseph Lescohier, né le 30 septembre 1711, Anor (59), décédé le 19 mars 1756, Anor (59) (à l’âge de 44 ans), Marchand, ouvrier des bois, palonnier. Parents : 32 et 33.
x Marié (1) le 16 février 1738 avec Marie Marguerite Martin, née vers 1711, décédée le 10 octobre 1738, Anor (59) (à l’âge d’environ 27 ans).
xx Marié le 30 mai 1745, Anor (59), avec…
17 Marie Joseph Brassart, née le 12 avril 1712, Anor (59), décédée le 14 décembre 1794, Anor (59) (à l’âge de 82 ans).
Quadrisaïeul(e)
32 Nicolas François Lescohier, né le 17 mars 1667, Anor (59), décédé le 13 février 1733, Anor (59) (à l’âge de 65 ans), Palonnier. Parents : 64 et 65.
x marié le 29 avril 1703, Anor (59), avec…
33 Jeanne Colinet, née le 2 novembre 1676, Anor (59), décédée le 15 août 1748, Anor (59) (à l’âge de 71 ans).
Quinquisaïeul(e)
64 François Lescohier, né vers 1635, décédé le 9 février 1701, Anor (59) (à l’âge d’environ 66 ans).
x marié le 29 juillet 1666, Anor (59), avec…
65 Jeanne Lernaut, décédée le 13 octobre 1706, Anor (59).

3ème extrait : Généalogie descendante patronymique de Joseph Lécoyer jusqu’à la 6ème génération
Des enfants et petits enfants de François Lécoyer seuls deux ont laissé une descendance patronymique sur Anor. La lignée de Nicolas François Lécoyer, petit-fils né à Momignies en 1717, a été présente épisodiquement sur Anor jusqu’au XXème siècle mais le dernier couple n’a pas eu de descendance (cf. ANNEXE 1 : Tableau de descendance de François Lécoyer (fils) p. 53). La lignée de Joseph, cousin germain de Nicolas François, est détaillée jusqu’à la 6ème génération soit 106 personnes. A suivre des extraits de cette lignée :

Joseph Lécoyer, né le 30 septembre 1711, Anor (59), décédé le 19 mars 1756, Anor (59) (à l’âge de 44 ans), Parrain : Jean Colinet Marraine : Marie Marguerite Dormoye. Marchand, ouvrier des bois, palonnier.
x Marié le 16 février 1738 avec Marie Marguerite Martin, née vers 1711, décédée le 10 octobre 1738, Anor (59) (à l’âge d’environ 27 ans). Sans descendance
xx Marié le 30 mai 1745, Anor (59), avec Marie Joseph Brassart, née le 12 avril 1712, Anor (59), décédée le 14 décembre 1794, Anor (59) (à l’âge de 82 ans)
De son second mariage Joseph Lécoyer a eu 4 enfants (3 filles et 1 garçon):
Génération 1_1. Anne Joseph
Née le 28 mars 1746, Anor (59), décédée le 15 mai 1814, Anor (59) (à l’âge de 68 ans).
x Mariée le 23 novembre 1767, Anor (59), avec Jean Joseph Marée, né le 10 septembre 1741, Anor (59), décédé . Descendance Non Patronymique
Génération 1_2. François Joseph
Né le 26 juin 1750, Anor (59), décédé le 30 janvier 1832, Anor (59) (à l’âge de 81 ans), Parrain : François Joseph Rolland Marraine : Marie-Françoise Brassart. Palonnier, Voiturier, propriétaire.
x Marié le 15 avril 1777, Anor (59), avec Marie Joseph Jacquot, née le 2 janvier 1745, Anor (59), décédée le 24 septembre 1822, Anor (59) (à l’âge de 77 ans)
Comme son père Joseph Lécoyer, François Joseph exerce le métier de palonnier. Plusieurs années d’apprentissage sont nécessaires pour savoir créer les objets en bois usuels dans l’agriculture et dans la vie quotidienne. Certains exercent leur métier directement dans les forêts au plus près de la matière première. Ces artisans d’Anor et de ses environs peuvent facilement travailler à domicile puisqu’ Anor est enclavé dans un milieu forestier.
La région Avesnoise a, grâce à ses ressources, l’exclusivité des fabrications en bois, exceptée celle des sabots qui est répartie dans tout le département. Le préfet C. Dieudonné, dans les statistiques de 1800, appelle les palonniers des boisseliers. Il explique que chaque commune a des spécialités. A cette époque, ils étaient neuf à Anor, et fabriquaient des vases pour le lait, des écuelles et surtout des pelles à grains, des pelles creusées pour les épuisements et des pelles à four. Trente cinq pour cent de la production de boissellerie de l’Avesnois est consommée sur place, le reste se répartit entre les départements limitrophes et la Belgique.
En 1832, quelques mois après le décès de François Joseph à Anor, son fils aîné Jean-Baptiste (Génération 2_1) fait enregistrer la succession de son père à Trélon. On apprend alors que ce dernier a fait une donation de son vivant de ses biens immobiliers à ses quatre enfants lui survivant (une maison rue d’Hirson et plus de 10 hectares de pâturage).
Les huit enfants du couple naissent à Anor, trois décèdent en bas âge . Les cinq autres (quatre garçons et une fille) se marient et ont une descendance. …/…

4ème extrait : La disparition du patronyme
La carte ci-dessous présente les déplacements de cent-trois individus de la lignée descendante de Joseph Lécoyer par génération. Les mouvements ont été réalisés en prenant en compte le lieu de naissance et le lieu de résidence au moment du décès. Pour les individus dont le lieu de décès est demeuré inconnu, c’est le dernier lieu de résidence connu qui a été pris en compte (adresse sur l’acte de mariage, livret militaire, recensement, lieu de naissance d’un enfant). En dernier recours c’est l’acte de naissance qui a été choisi.

5ème extrait. Nicolas Joseph Victor Lécoyer Génération 3_14
Le cinquième jour du mois de juillet mil huit cent treize, Nicolas Joseph Lécoyer (2_3), âgé de trente deux ans, palonnier, se rend à la mairie d’Anor accompagné du cordonnier Louis Lebrun et du marchand Alexis Martin. Il vient présenter son fils aîné qu’il prénomme Nicolas Joseph Victor pour le faire inscrire sur le registre de la commune tenu par le maire Jacques Joseph Meunier. Victoire Delloue a mis l’enfant au monde le matin même à quatre heures. Il sera appelé Victor pour éviter les confusions avec son père qu’on appelle Nicolas et son oncle appelé Joseph (2_2).
Victoire Delloue est issue d’une famille de meuniers qui exerce au moulin d’en bas. Sa famille est implantée depuis plus de cent ans à Anor. La famille Lécoyer est installée depuis plusieurs générations à Anor et les hommes sont palonniers de père en fils.
Le couple marié depuis 1809 a déjà une petite fille prénommée Marie Victoire (3_13) née en février 1810.
Le 18 juillet 1810, un acte de mutation transcrit dans le registre des hypothèques d’Avesnes explique comment Nicolas Joseph a acquis une maison, suite à l’expropriation d’un cultivateur ne pouvant régler ses dettes de 3470 Francs vis à vis de son créancier : l’ancien propriétaire. Une vente à la bougie est organisée et après vingt bougies consumées, la propriété est adjugée au dit Nicolas Joseph Lécoyer pour la somme de 4725 Francs.
Les biens acquis sont détaillés comme suit : une maison de quatre places (ou pièces), une cave, une étable, une grange et quatre hectares huit ares d’héritage, clos de haies vives et le tout contiguë, tenant du levant au Sieur Jacques Meunier, du midi au chemin de la verrerie, d’occident à Victor Despret et du nord à Danis.

Maison natale de Victor Lécoyer, rue du Revin (aujourd’hui rue Victor Delloue) à Anor. Photo 2019 Emmanuelle Decrand

Le cadastre Napoléonien n’est pas encore utilisé, mais les matrices cadastrales et le recensement des années suivantes ont permis de localiser cette maison rue du Revin. C’est une ferme élémentaire, typique de l’Avesnois. C’est donc ici que naît Victor Lécoyer et deux ans plus tard son frère Aimé Nicolas (3_15).
Lorsqu’il a dix ans ses grand-parents maternels sont décédés et son oncle a repris le moulin. Victor peut visiter son grand-père paternel, François (1_2), veuf, qui vit rue d’Hirson à la sortie du village d’Anor. En 1831, la famille réside toujours au même endroit, comme en témoigne le recensement ci-dessous
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Comme son père, grand-père, arrière-grand-père et ses oncles, Victor apprend le métier de palonnier.
A vingt ans Victor Lécoyer se présente pour le recensement militaire, il est de la classe 33. Il mesure 1 mètre et 68 centimètres et demi. Le tirage au sort lui attribue le numéro 40. Il ne fera pas partie des hommes sélectionnés par le hasard. …/…

En 1836, Victor Lécoyer épouse Éléonore Dromeray à Fourmies où vit la jeune fille. Cet événement a lieu en présence de la mère d’Éléonore. Celle-ci n’a que dix-huit ans et son père est décédé (il était palonnier), elle doit être assistée. Les témoins sont les oncles d’Éléonore Dromeray, le frère de Victor Lécoyer : Aimé Nicolas Lécoyer, et leur cousin germain : Victor Delloue.
Rapidement, le couple achète une maison et 4 hectares de pâture pour la somme de 7146 Francs à Anor, rue d’Hirson pour s’y installer…

Extraits de la monographie familiale : La famille Lécoyer d’Anor disponible sur commande Contact