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Les meuniers du moulin de Lisle (1)

Le lac de Haute Mayenne, d’une superficie d’environ 123 hectares, s’étend sur près de 6 kms sur les communes d’Ambrières-les-Vallées, la Haie-Traversaine, et sur la rive gauche : Saint-Fraimbault-de-Prières et Saint-Loup-du-Gast. Ce lac est alimenté par les eaux de la Mayenne, de la Colmont, de la Varenne et celles des ruisseaux du Pontceau et du Pigray. C’est une retenue d’eau artificielle, en forme de bottine, créée suite à la construction du barrage de Saint-Fraimbault-de-Prières sur la Mayenne. D’une longueur de 210 mètres et d’une hauteur maximum de 15,5 mètres, le barrage a été inauguré le 14 octobre 1978 après 3 années de travaux. Outre la construction du barrage, il a fallu relever les futures berges du lac et aussi démonter plusieurs bâtiments tous situés sur la commune de Saint-Fraimbault-de-Prières dont le moulin de Lisle, l’habitation de la Lavanderie et la ferme de l’Epinay. Six ans après la mise en eaux, une centrale électrique est construite.
Ce lac permet d’avoir une réserve d’eau pour satisfaire les ressources en eau potable en aval et réguler le débit de la Mayenne.

Le moulin de Lisle appartient aux propriétaires du château de L’Isle-du-Gast (aujourd’hui nommé Saint-Georges-de-Lisle), qui surplombe la Mayenne du haut de son rocher, au dessus de l’actuel barrage. Les fermiers viennent y moudre leur grain dont une partie est revendue aux tisserands et autres habitants qui fabriquent leur pain. Le premier bail du moulin retrouvé dans les archives de la Seigneurie de Lisle a été passé par René de Lisle pour Gilles Roullaye en 1567 pour 67 livres par an et d’une durée de 3 ans. René de Lisle meurt la même année sans succession. Ses oncles Jean, René et Paul héritent des terres. René, curé de Saint-Fraimbault décède et Jean rachète les terres de son frère Paul.

Les baux du XVIIe siècle n’ont pas été conservés dans les archives de la Seigneurie de Lisle. Les descendants de Paul de Lisle sont protestants, certains d’entre eux vont s’exiler, en emportant leurs titres de propriété. C’est le cas de Benjamin de Lisle qui omet ses devoirs féodaux envers les Cisterciens de Fontaine-Daniel, ils le déclarent déchu de ses privilèges y compris celui de pêcher dans la Mayenne. Mais quand le Père cellérier (chargé de veiller aux biens matériels), pour affirmer les droits de l’abbaye, vient jeter son filet dans la rivière sous les fenêtres du château, il est tué. Accusé, Benjamin de L’Isle s’enfuit et quelques mois plus tard il est emprisonné puis condamné à l’exil. Il émigre avec sa femme en Hollande en 1691, laissant au Château de Lisle leurs neufs jeunes enfants dont Philippe-René de Lisle, ils sont alors élevés dans la religion catholique par un curateur.

Extrait de Carte de Cassini en couleur (feuilles gravées et aquarellées), issue de l’exemplaire dit de « Marie-Antoinette » du XVIIIe siècle. Géoportail.gouv.fr
Extrait de Carte de Cassini en couleur (feuilles gravées et aquarellées), issue de l’exemplaire dit de « Marie-Antoinette » du XVIIIe siècle. Géoportail.gouv.fr

Fin 1717, Pierre Le Vazeux âgé d’une cinquantaine d’années et sa femme Françoise Chelot renouvellent leur bail auprès du Seigneur Philippe-René de Lisle. Le notaire de Mayenne s’est déplacé au château pour l’occasion et deux témoins signent le bail : le menuisier Claude Ollivier et le cordonnier François Le Tondeux, le couple de meunier déclare ne pas savoir signer. Le bail les engage pour une durée de six ans à compter de la Saint Georges de l’année suivante (23 avril). Ils doivent payer annuellement 320 livres en deux fois : à la Toussaint et à la Saint Georges. En plus ils doivent entretenir le moulin, les bâtiments et les dépendances et fournir six chapons engraissés au carabin (sarrasin), douze poulets et six canards par an au Seigneur de Lisle. Le bail stipule qu’en cas de décès de l’un ou l’autre, le survivant devra prévenir de son départ au moins 6 mois avant, sinon il devra finir l’année en cours.
Le couple réside à Saint-Fraimbault-de-Prières depuis plus de 34 ans car de leur union sont nés dans cette paroisse : quatre garçons et six filles entre 1683 et 1698. Les registres paroissiaux de Saint-Fraimbault-de-Prières de 1716 à 1733 étant lacunaires, il n’a pas été possible de retrouver les dates de décès du couple sur cette commune.

Extrait du bail du moulin de Lisle entre Philippe-René de Lisle et Pierre le Vazeux en 1717-AD53-140J26

Au printemps 1726, après avoir signé un bail avec le Seigneur Philippe-René de Lisle, Mathieu Galicier et Catherine Sommier s’installent au moulin de Lisle. Le couple doit verser 420 livres annuellement et le même nombre de volailles que leurs prédécesseurs, le bail est signé pour une durée de 9 ans. Mathieu Galicier a 35 ans, il est né à Oisseau où son père Jean était meunier. Il a vécut à Chantrigné avec sa première épouse Michelle Gaultier, de cette union deux fils ont survécu : Jean et Mathieu. Sa seconde femme est originaire de la paroisse de Lassay où le couple s’est marié en 1722, Renée et François voient le jour à Lassay. Lorsque la famille s’installe au moulin de Lisle, les quatre enfants sont âgés de 1 à 9 ans. Deux autres enfants, Marie et Pierre, naissent à Saint-Fraimbault-de-Prières, la famille quitte le moulin un an avant la fin du bail. En 1734, chez Jean Le Peltier fermier général des terres du fief et seigneurie de Lisle, le notaire Augustin Maret fait une subrogation de bail entre le meunier Mathieu Le Galicier et Urbain Amiard, meunier à Saint-Georges-Buttavent, aux mêmes conditions.

Urbain Amiard est né à Aron en 1676. Sa femme Marie Fourmy est née en 1688 à Saint-Fraimbault-de-Prières, le couple s’y marie le 25 novembre 1706. Il s’installe d’abord à Mayenne où vit encore la mère d’Urbain, c’est là que leur premier enfant nait : Marie, puis en 1710 le couple vit à Saint Fraimbault-de-Prières où Marie Fourmy donne naissance à un premier fils nommé Michel. Leur troisième enfant voit le jour en février 1720 à Oisseau, il porte le prénom de son père et celui de son parrain : Urbain-Etienne. Ces déplacements sont certainement liés à la profession de meunier, que Michel et Urbain-Etienne pratiqueront. Urbain Amiard décède au moulin de Lisle le 28 août 1740, âgé de 64 ans. Le lendemain, sa veuve, ses fils Michel et Urbain assistent à son inhumation au cimetière de la paroisse de Saint-Fraimbault. Suite à la disparition de son mari, Marie Fourmy continue d’occuper le moulin de Lisle et un autre meunier, François Taburet, vient s’installer à la Saint Georges de 1741, après avoir signé un bail en septembre 1740.

Sépulture d’Urbain Amiard en 1740-AD53-4E252/2

A suivre, les meuniers Taburet, Pacory, Lemonnier etc… Pensez à vous abonner au site ou à la page FB

Sources :

  • POINTEAU Ch Abbé, Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, Laval, 1891, 648 pages [page 250 à 277]
  • ANGOT Alphonse Abbé, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, tome I à II, 1900 à 1906. http://angot.lamayenne.fr/
  • ANGOT Alphonse Abbé, GAUGAIN Ferdinand. Abbé, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, tome IV(supplément), 1909. http://angot.lamayenne.fr/
  • Archives Départementales de la Mayenne https://chercher-archives.lamayenne.fr/ Série E. Etat civil de Brécé de 1672 à 1692 (E dépôt 29/E2) ; état civil de Chantrigné de 1715 à 1733 (E dépôt 39/E8, E dépôt 39/E19) ; état civil de Lassay-les-Châteaux 1721 à 1758 (E dépôt 94/E10, E dépôt 94/E11) ; état civil de Mayenne Notre-Dame 1753 (Collection communale) ; état civil de Oisseau de1680 à 1694 et 1718 à 1725 (E dépôt 127/E7, E dépôt 127/E11) ; état civil de Saint-Fraimbault-de-Prières de 1683 à 1742 (4E 252/1, 4E 252/2, E dépôt 159/E1).
  • Archives Départementales de la Mayenne : Série J. Seigneurerie de Lisle 140J19 ; Baux du moulin de Lisle 140J26.

Les lécoyer d’Anor et leur descendance

Les recherches qui suivent tendent à comprendre comment le patronyme de Mathilde Lécoyer (1840-1899) a disparu de la commune d’Anor. Alors que les derniers documents familiaux de la fin du XIXème siècle font apparaître une prospérité de cette famille, notamment par la possession de nombreuses propriétés.

Les recherches aux archives, détaillées dans un guide commenté, ont permis d’établir la lignée des Lécoyer et leur mode de vie principalement au XIXème siècle. Enfin la vie du père de Mathilde Lécoyer, Victor, est particulièrement détaillée car c’est celle qui a été la plus marquante pour le village d’Anor.

1er Extrait : Le patronyme Lécoyer
Historiquement, au Moyen-Age nos ancêtres portaient un nom unique. Puis le phénomène des surnoms liés à une particularité physique, au métier pratiqué, au lieu de vie se développent. Les enfants peuvent porter, en guise de nom, le prénom d’un des parents. Ce n’est qu’au début du XIXème siècle que le nom de famille s’impose dans les actes mais sans fixer l’orthographe.
La difficulté principale est la variété d’orthographe du patronyme dans les actes. Cette dernière est liée à la phonétique de ce patronyme (Lescohier, Lécohier, Lécolier, Lécollier, Lécuyer, Lécoyer). Les actes des registres de catholicité sont écrits par le curé ou le vicaire de la paroisse. Il décide donc de la formule et celle-ci peut varier dans un même registre. Ils sont écrits en latin et les déclarants ne paraphent pas, même s’ils savent signer, car l’acte est un enregistrement des cultes : baptême, mariage, sépulture. C’est donc le curé qui décide de l’orthographe de ces actes. A Anor, l’orthographe au XIIIème siècle est Lescohier
Ce n’est qu’au début du XIXème siècle que la signature s’impose dans les actes. C’est donc l’orthographe du parapheur qui est retenue, celui-ci orthographiant son nom ainsi : Lescohier évoluant en Lécoyer au fil des ans. C’est le trisaïeul de Mathilde Lécoyer qui montre cette évolution, il est baptisé Lescohier en 1711 (acte rédigé en latin), mais il signe Lécoyer à son mariage en 1745 (acte rédigé en français). Les tables décennales, apparues au début du XIXème siècle, permettent de faciliter les recherches. Elles étaient recopiées à partir des actes par les secrétaires de mairie. Ceux-ci réécrivaient scrupuleusement leur orthographe ou celle de leur collègue. Ceci contraint à vérifier systématiquement les actes dont l’orthographe n’est pas celle des Lescohier ou Lécoyer.
On peut penser que ce patronyme provient du mot Scohy : porté dans le département du Nord et en Belgique, le nom désigne en wallon un pelletier ou un tanneur (en ancien français escohier), qui a donc évolué en Lécoyer.

Mathilde Flore Lécoyer. Collection personnelle L.Decroix

2ème Extrait : Généalogie ascendante patronymique : de Mathilde à François Lécoyer
x = mariage (xx = 2ème mariage, etc.)
1 Mathilde Flore Lécoyer, née le 30 avril 1840, Anor (59), décédée le 1er juin 1899, Anor (59) (à l’âge de 59 ans), Marchande de quincaillerie. Parents : 2 et 3.
x Mariée le 25 janvier 1858, Anor (59), avec Louis Joseph Théodore Proisy, né le 27 septembre 1834, Buironfosse (02), décédé le 2 mars 1871, Buironfosse (02) (à l’âge de 36 ans), Marchand quincailler,
xx Mariée le 26 octobre 1876, Buironfosse (02), avec Jean-François Oget, né le 2 septembre 1847, Buironfosse (02), décédé le 19 avril 1903, Anor (59) (à l’âge de 55 ans) , Garçon boucher, propriétaire, rentier.
Parents
2 Nicolas joseph Victor Lécoyer, né le 5 juillet 1813, Anor (59), décédé le 28 septembre 1893, Anor (59) (à l’âge de 80 ans), Entrepreneur, Propriétaire et Palonnier. Parents : 4 et 5.
x Marié le 10 août 1836, Fourmies (59), avec…
3 Eléonore Dromeray, née le 9 décembre 1817, Fourmies (59), décédée le 20 mars 1871, Anor (59) (à l’âge de 53 ans).
xx Marié (2) le 2 septembre 1873, Anor (59), avec Marie Louise Adèle Troquelet, née le 22 décembre 1822, Momignies, Hainaut (B), décédée, Ménagère.
Aïeul(e)
4 Nicolas Joseph Lécoyer, né le 6 février 1781, Anor (59), décédé le 26 février 1871, Anor (59) (à l’âge de 90 ans), Palonnier, Propriétaire. Parents : 8 et 9.
x Marié le 20 mai 1809, Anor (59), avec…
5 Victoire Joseph Delloue, née le 28 septembre 1785, Anor (59), décédée le 30 novembre 1864, Anor (59) (à l’âge de 79 ans).
Bisaïeul(e)
8 François Joseph Lécoyer, né le 26 juin 1750, Anor (59), décédé le 30 janvier 1832, Anor (59) (à l’âge de 81 ans), Palonnier, Voiturier, propriétaire. Parents : 16 et 17.
x Marié le 15 avril 1777, Anor (59), avec…
9 Marie Joseph Jacquot, née le 2 janvier 1745, Anor (59), décédée le 24 septembre 1822, Anor (59) (à l’âge de 77 ans).
Trisaïeul(e)
16 Joseph Lescohier, né le 30 septembre 1711, Anor (59), décédé le 19 mars 1756, Anor (59) (à l’âge de 44 ans), Marchand, ouvrier des bois, palonnier. Parents : 32 et 33.
x Marié (1) le 16 février 1738 avec Marie Marguerite Martin, née vers 1711, décédée le 10 octobre 1738, Anor (59) (à l’âge d’environ 27 ans).
xx Marié le 30 mai 1745, Anor (59), avec…
17 Marie Joseph Brassart, née le 12 avril 1712, Anor (59), décédée le 14 décembre 1794, Anor (59) (à l’âge de 82 ans).
Quadrisaïeul(e)
32 Nicolas François Lescohier, né le 17 mars 1667, Anor (59), décédé le 13 février 1733, Anor (59) (à l’âge de 65 ans), Palonnier. Parents : 64 et 65.
x marié le 29 avril 1703, Anor (59), avec…
33 Jeanne Colinet, née le 2 novembre 1676, Anor (59), décédée le 15 août 1748, Anor (59) (à l’âge de 71 ans).
Quinquisaïeul(e)
64 François Lescohier, né vers 1635, décédé le 9 février 1701, Anor (59) (à l’âge d’environ 66 ans).
x marié le 29 juillet 1666, Anor (59), avec…
65 Jeanne Lernaut, décédée le 13 octobre 1706, Anor (59).

3ème extrait : Généalogie descendante patronymique de Joseph Lécoyer jusqu’à la 6ème génération
Des enfants et petits enfants de François Lécoyer seuls deux ont laissé une descendance patronymique sur Anor. La lignée de Nicolas François Lécoyer, petit-fils né à Momignies en 1717, a été présente épisodiquement sur Anor jusqu’au XXème siècle mais le dernier couple n’a pas eu de descendance (cf. ANNEXE 1 : Tableau de descendance de François Lécoyer (fils) p. 53). La lignée de Joseph, cousin germain de Nicolas François, est détaillée jusqu’à la 6ème génération soit 106 personnes. A suivre des extraits de cette lignée :

Joseph Lécoyer, né le 30 septembre 1711, Anor (59), décédé le 19 mars 1756, Anor (59) (à l’âge de 44 ans), Parrain : Jean Colinet Marraine : Marie Marguerite Dormoye. Marchand, ouvrier des bois, palonnier.
x Marié le 16 février 1738 avec Marie Marguerite Martin, née vers 1711, décédée le 10 octobre 1738, Anor (59) (à l’âge d’environ 27 ans). Sans descendance
xx Marié le 30 mai 1745, Anor (59), avec Marie Joseph Brassart, née le 12 avril 1712, Anor (59), décédée le 14 décembre 1794, Anor (59) (à l’âge de 82 ans)
De son second mariage Joseph Lécoyer a eu 4 enfants (3 filles et 1 garçon):
Génération 1_1. Anne Joseph
Née le 28 mars 1746, Anor (59), décédée le 15 mai 1814, Anor (59) (à l’âge de 68 ans).
x Mariée le 23 novembre 1767, Anor (59), avec Jean Joseph Marée, né le 10 septembre 1741, Anor (59), décédé . Descendance Non Patronymique
Génération 1_2. François Joseph
Né le 26 juin 1750, Anor (59), décédé le 30 janvier 1832, Anor (59) (à l’âge de 81 ans), Parrain : François Joseph Rolland Marraine : Marie-Françoise Brassart. Palonnier, Voiturier, propriétaire.
x Marié le 15 avril 1777, Anor (59), avec Marie Joseph Jacquot, née le 2 janvier 1745, Anor (59), décédée le 24 septembre 1822, Anor (59) (à l’âge de 77 ans)
Comme son père Joseph Lécoyer, François Joseph exerce le métier de palonnier. Plusieurs années d’apprentissage sont nécessaires pour savoir créer les objets en bois usuels dans l’agriculture et dans la vie quotidienne. Certains exercent leur métier directement dans les forêts au plus près de la matière première. Ces artisans d’Anor et de ses environs peuvent facilement travailler à domicile puisqu’ Anor est enclavé dans un milieu forestier.
La région Avesnoise a, grâce à ses ressources, l’exclusivité des fabrications en bois, exceptée celle des sabots qui est répartie dans tout le département. Le préfet C. Dieudonné, dans les statistiques de 1800, appelle les palonniers des boisseliers. Il explique que chaque commune a des spécialités. A cette époque, ils étaient neuf à Anor, et fabriquaient des vases pour le lait, des écuelles et surtout des pelles à grains, des pelles creusées pour les épuisements et des pelles à four. Trente cinq pour cent de la production de boissellerie de l’Avesnois est consommée sur place, le reste se répartit entre les départements limitrophes et la Belgique.
En 1832, quelques mois après le décès de François Joseph à Anor, son fils aîné Jean-Baptiste (Génération 2_1) fait enregistrer la succession de son père à Trélon. On apprend alors que ce dernier a fait une donation de son vivant de ses biens immobiliers à ses quatre enfants lui survivant (une maison rue d’Hirson et plus de 10 hectares de pâturage).
Les huit enfants du couple naissent à Anor, trois décèdent en bas âge . Les cinq autres (quatre garçons et une fille) se marient et ont une descendance. …/…

4ème extrait : La disparition du patronyme
La carte ci-dessous présente les déplacements de cent-trois individus de la lignée descendante de Joseph Lécoyer par génération. Les mouvements ont été réalisés en prenant en compte le lieu de naissance et le lieu de résidence au moment du décès. Pour les individus dont le lieu de décès est demeuré inconnu, c’est le dernier lieu de résidence connu qui a été pris en compte (adresse sur l’acte de mariage, livret militaire, recensement, lieu de naissance d’un enfant). En dernier recours c’est l’acte de naissance qui a été choisi.

5ème extrait. Nicolas Joseph Victor Lécoyer Génération 3_14
Le cinquième jour du mois de juillet mil huit cent treize, Nicolas Joseph Lécoyer (2_3), âgé de trente deux ans, palonnier, se rend à la mairie d’Anor accompagné du cordonnier Louis Lebrun et du marchand Alexis Martin. Il vient présenter son fils aîné qu’il prénomme Nicolas Joseph Victor pour le faire inscrire sur le registre de la commune tenu par le maire Jacques Joseph Meunier. Victoire Delloue a mis l’enfant au monde le matin même à quatre heures. Il sera appelé Victor pour éviter les confusions avec son père qu’on appelle Nicolas et son oncle appelé Joseph (2_2).
Victoire Delloue est issue d’une famille de meuniers qui exerce au moulin d’en bas. Sa famille est implantée depuis plus de cent ans à Anor. La famille Lécoyer est installée depuis plusieurs générations à Anor et les hommes sont palonniers de père en fils.
Le couple marié depuis 1809 a déjà une petite fille prénommée Marie Victoire (3_13) née en février 1810.
Le 18 juillet 1810, un acte de mutation transcrit dans le registre des hypothèques d’Avesnes explique comment Nicolas Joseph a acquis une maison, suite à l’expropriation d’un cultivateur ne pouvant régler ses dettes de 3470 Francs vis à vis de son créancier : l’ancien propriétaire. Une vente à la bougie est organisée et après vingt bougies consumées, la propriété est adjugée au dit Nicolas Joseph Lécoyer pour la somme de 4725 Francs.
Les biens acquis sont détaillés comme suit : une maison de quatre places (ou pièces), une cave, une étable, une grange et quatre hectares huit ares d’héritage, clos de haies vives et le tout contiguë, tenant du levant au Sieur Jacques Meunier, du midi au chemin de la verrerie, d’occident à Victor Despret et du nord à Danis.

Maison natale de Victor Lécoyer, rue du Revin (aujourd’hui rue Victor Delloue) à Anor. Photo 2019 Emmanuelle Decrand

Le cadastre Napoléonien n’est pas encore utilisé, mais les matrices cadastrales et le recensement des années suivantes ont permis de localiser cette maison rue du Revin. C’est une ferme élémentaire, typique de l’Avesnois. C’est donc ici que naît Victor Lécoyer et deux ans plus tard son frère Aimé Nicolas (3_15).
Lorsqu’il a dix ans ses grand-parents maternels sont décédés et son oncle a repris le moulin. Victor peut visiter son grand-père paternel, François (1_2), veuf, qui vit rue d’Hirson à la sortie du village d’Anor. En 1831, la famille réside toujours au même endroit, comme en témoigne le recensement ci-dessous
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Comme son père, grand-père, arrière-grand-père et ses oncles, Victor apprend le métier de palonnier.
A vingt ans Victor Lécoyer se présente pour le recensement militaire, il est de la classe 33. Il mesure 1 mètre et 68 centimètres et demi. Le tirage au sort lui attribue le numéro 40. Il ne fera pas partie des hommes sélectionnés par le hasard. …/…

En 1836, Victor Lécoyer épouse Éléonore Dromeray à Fourmies où vit la jeune fille. Cet événement a lieu en présence de la mère d’Éléonore. Celle-ci n’a que dix-huit ans et son père est décédé (il était palonnier), elle doit être assistée. Les témoins sont les oncles d’Éléonore Dromeray, le frère de Victor Lécoyer : Aimé Nicolas Lécoyer, et leur cousin germain : Victor Delloue.
Rapidement, le couple achète une maison et 4 hectares de pâture pour la somme de 7146 Francs à Anor, rue d’Hirson pour s’y installer…

Extraits de la monographie familiale : La famille Lécoyer d’Anor disponible sur commande Contact

Emma maison (3)

Si les recensements nous permettent de connaître les habitants de nos maisons, leurs informations sont souvent erronées : orthographe du nom fantaisiste, prénom usuel, âge ou année de naissance inexacte, lieu de naissance imprécis…Voici quelques pistes pour vérifier ces écrits dans les archives, la première étant de consulter, si possible, plusieurs années de recensement. Vous trouverez les liens vers les archives départementales dans le précédent article : Emma maison (2).

Exemple d’une maison de Tours construite au début du XXème siècle : les 6 recensements de 1901 à 1931, nous indiquent la présence de la famille Yung au 152 rue Origet. Cette famille est composée de 3 personnes, le père Maurice professeur au Lycée Descartes, la mère Julia et la fille Suzanne. L’identité, l’âge et la profession du père ne varient pas jusqu’en 1911 : il est né à Nevers en 1854.

Monsieur Yung « disparaît » en 1921 et 1926 et réapparaît en 1931 mais né en 1862 à Saint-Amand.
La consultation de son acte de naissance à Nevers confirme les informations des recensement de 1901 à 1911 et l’état civil de Tours nous apprend qu’il est décédé le 8 Janvier 1920 à son domicile : 152 rue Origet. On peut donc supposer que c’est le père qui renseignait le questionnaire de recensement car jusqu’à son décès il n’y a pas d’erreur et qu’en 1931 le recenseur a voulu inscrire « Veuve Maurice Yung ».

En 1921, la mère s’appelle Marie, elle vit au 146 rue Origet avec Paul Goubard (né en 1875 à Montrouge) et Alice Goubon née en 1885 à Chalons. Personne n’est recensé au N°152. En 1926, Marie Yung est « revenue » au N°152 et vit avec sa fille Suzanne Goubon née Yung.

A l’état civil de Tours entre 1911 et 1921 figure le mariage de Suzanne Yung et de Paul Goubon (né à Montrouge en 1875), Alice est le second prénom de Suzanne Yung et Marie est le 1er prénom de sa mère (Julia est son 3ème), elles résident au 152 rue Origet.

Les informations du recensement de 1926 sont fantaisistes, seuls les date et lieu de naissance du gendre sont exactes mais pas son patronyme.
Il est donc primordial de vérifier les informations du recensement au minimum par l’état-civil accessible en ligne.

Emma maison (2)

Maintenant que nous avons situé notre maison, recherchons ses habitants dans les documents des archives départementales. En ligne, nous disposons des recensements, suivant les départements nous avons accès à un ou plusieurs recensement, quelquefois aucun!
Les recensements nominatifs sont établis en deux exemplaires, un pour la commune, l’autre pour les archives, et cela jusqu’en 1945. Certaines communes ont conservé leurs exemplaires et si elles disposent d’un site, ils peuvent être numérisés et disponible en ligne (Angers, Nantes, Rennes…).
Suivant l’année du recensement (tous les 5 ans sauf exception), les informations d’ordre individuels sont variables, on découvre la nationalité, le lieu de naissance, la date de naissance ou l’âge, le métier, la situation dans le ménage (chef, fils, pensionnaire…) et rarement la religion, des indications sur la santé, l’infirmité ou l’indigence.

AD de la Mayenne : « Listes de recensement » puis saisir la commune et choisir l’année (de 1836 à 1936) ou « Base nominative des recensements » si vous connaissez le nom de l’habitant, attention toutes les communes ne sont pas saisies dans cette base

AD de la Sarthe : sélectionner la commune dans le filtre à droite de l’écran. Choisir l’année

AD du Maine et Loire : La collection départementale des recensements de la population n’a malheureusement pas été conservée aux Archives départementales de Maine-et-Loire avant l’année 1936. Il n’est donc pas possible d’en proposer la consultation en ligne. La ville d’Angers présente ses archives en ligne Archives municipales d’Angers

AD de la Vendée : Sélectionner la commune, cliquer sur ok, sélectionner l’année, le résultat apparait en bas de page, cliquer sur image

AD de l’Orne : Sélectionner la commune, cliquer sur l’image du registre de l’année que vous souhaitez

AD de la Loire atlantique : sélectionner la commune puis l’année, valider et cliquer sur le résultat. L’indexation collaborative vous permet de faire votre recherche en saisissant directement le nom de rue ou de lieu-dit, mais tous les recensements ne sont pas indexés.

AD de l’Indre et Loire : sélectionner la commune puis l’année

AD de Seine Maritime : sélectionner la commune puis l’année (1836 à 1936) et cliquer sur rechercher

AD du Nord : Seul le recensement de 1906 est accessible en ligne. Sélectionner la commune et cliquer sur rechercher

Cherchez la liste des rues et des lieux dits au début ou à la fin du registre pour vous guider. Dans les grandes villes, les rues peuvent être classées par ordre alphabétique. Hélas, les hameaux sont rarement détaillés et les maisons rarement numérotées, cette source n’est pas toujours suffisante pour trouver les habitants de son lieu de vie, mais on s’approche de la vie de son quartier. L’acte de propriété peut aider si les propriétaires y résident.

Exemple d’une maison en Sarthe au 13, rue de la Bataille au Mans. Les recensements des années 1911 à 1936 nous apprennent que la même famille a résidé dans cette maison durant plus de 25 ans : Baptiste Lainard (né à Evron en Mayenne), sa femme Marie Gandon (née à St Jean de Mayenne). La belle-mère de Baptiste Lainard habite avec le couple jusqu’en 1931, elle se prénomme Louise ou Lucie. En 1936, Marie a 61 ans, elle est journalière et partage le logement avec Emile Person, teinturier, âgé de 25 ans, sa mère est certainement décédée et peut-être aussi son mari, il est possible de vérifier en consultant les mentions marginales sur leurs actes de naissance.undefined

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Emma Maison (1)

undefinedEn cette période de confinement je vous propose d’apprendre à mieux connaître celle qui nous abrite et nous protège, au travers des documents accessibles sur les sites des Archives Départementales.

Commençons par situer notre lieu de vie sur le plan cadastral napoléonien. Quel que soit notre type d’habitation et son âge, le cadastre peut nous apprendre par exemple l’origine du nom de notre rue, lotissement ou cité.
Les sites des archives départementaux ne sont pas uniformisés, il faut donc les « apprivoiser », voici quelques liens de sites et où trouver le cadastre napoléonien:

AD de la Mayenne : saisir la commune

AD de la Sarthe : sélectionner la commune dans le filtre à droite de l’écran.

AD du Maine et Loire : sélectionner la commune

AD de la Vendée : sélectionner la liste de commune, puis cliquer sur

AD de l’Orne : sélectionner la commune

AD de la Loire atlantique : sélectionner la commune, sélectionner le document « Plan du cadastre ancien » et valider

AD de l’Indre et Loire : sélectionner la commune, sélectionner le document « Catégorie », sélectionner le document « Cadastre napoléonien »

AD de Seine Maritime : sélectionner la commune, cliquer sur « chercher »

AD du Nord : sélectionner la commune, sélectionner l’année

Repérons sur le « tableau d’assemblage » la section cadastrale et la feuille où se situe notre maison puis son emplacement sur le plan de la section cadastrale concernée. En Mayenne, voici ma maison « Le Vieux Viviers » en 1837 sur le cadastre napoléonien d’Evron :

En consultant le site geoportail voici la même vue 200 ans plus tard :

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A très bientôt pour une autre recherche et si vous n’avez pas abouti à cette première , n’hésitez pas à me contacter : contact/