Les lécoyer d’Anor et leur descendance

Les recherches qui suivent tendent à comprendre comment le patronyme de Mathilde Lécoyer (1840-1899) a disparu de la commune d’Anor. Alors que les derniers documents familiaux de la fin du XIXème siècle font apparaître une prospérité de cette famille, notamment par la possession de nombreuses propriétés.

Les recherches aux archives, détaillées dans un guide commenté, ont permis d’établir la lignée des Lécoyer et leur mode de vie principalement au XIXème siècle. Enfin la vie du père de Mathilde Lécoyer, Victor, est particulièrement détaillée car c’est celle qui a été la plus marquante pour le village d’Anor.

1er Extrait : Le patronyme Lécoyer
Historiquement, au Moyen-Age nos ancêtres portaient un nom unique. Puis le phénomène des surnoms liés à une particularité physique, au métier pratiqué, au lieu de vie se développent. Les enfants peuvent porter, en guise de nom, le prénom d’un des parents. Ce n’est qu’au début du XIXème siècle que le nom de famille s’impose dans les actes mais sans fixer l’orthographe.
La difficulté principale est la variété d’orthographe du patronyme dans les actes. Cette dernière est liée à la phonétique de ce patronyme (Lescohier, Lécohier, Lécolier, Lécollier, Lécuyer, Lécoyer). Les actes des registres de catholicité sont écrits par le curé ou le vicaire de la paroisse. Il décide donc de la formule et celle-ci peut varier dans un même registre. Ils sont écrits en latin et les déclarants ne paraphent pas, même s’ils savent signer, car l’acte est un enregistrement des cultes : baptême, mariage, sépulture. C’est donc le curé qui décide de l’orthographe de ces actes. A Anor, l’orthographe au XIIIème siècle est Lescohier
Ce n’est qu’au début du XIXème siècle que la signature s’impose dans les actes. C’est donc l’orthographe du parapheur qui est retenue, celui-ci orthographiant son nom ainsi : Lescohier évoluant en Lécoyer au fil des ans. C’est le trisaïeul de Mathilde Lécoyer qui montre cette évolution, il est baptisé Lescohier en 1711 (acte rédigé en latin), mais il signe Lécoyer à son mariage en 1745 (acte rédigé en français). Les tables décennales, apparues au début du XIXème siècle, permettent de faciliter les recherches. Elles étaient recopiées à partir des actes par les secrétaires de mairie. Ceux-ci réécrivaient scrupuleusement leur orthographe ou celle de leur collègue. Ceci contraint à vérifier systématiquement les actes dont l’orthographe n’est pas celle des Lescohier ou Lécoyer.
On peut penser que ce patronyme provient du mot Scohy : porté dans le département du Nord et en Belgique, le nom désigne en wallon un pelletier ou un tanneur (en ancien français escohier), qui a donc évolué en Lécoyer.

Mathilde Flore Lécoyer. Collection personnelle L.Decroix

2ème Extrait : Généalogie ascendante patronymique : de Mathilde à François Lécoyer
x = mariage (xx = 2ème mariage, etc.)
1 Mathilde Flore Lécoyer, née le 30 avril 1840, Anor (59), décédée le 1er juin 1899, Anor (59) (à l’âge de 59 ans), Marchande de quincaillerie. Parents : 2 et 3.
x Mariée le 25 janvier 1858, Anor (59), avec Louis Joseph Théodore Proisy, né le 27 septembre 1834, Buironfosse (02), décédé le 2 mars 1871, Buironfosse (02) (à l’âge de 36 ans), Marchand quincailler,
xx Mariée le 26 octobre 1876, Buironfosse (02), avec Jean-François Oget, né le 2 septembre 1847, Buironfosse (02), décédé le 19 avril 1903, Anor (59) (à l’âge de 55 ans) , Garçon boucher, propriétaire, rentier.
Parents
2 Nicolas joseph Victor Lécoyer, né le 5 juillet 1813, Anor (59), décédé le 28 septembre 1893, Anor (59) (à l’âge de 80 ans), Entrepreneur, Propriétaire et Palonnier. Parents : 4 et 5.
x Marié le 10 août 1836, Fourmies (59), avec…
3 Eléonore Dromeray, née le 9 décembre 1817, Fourmies (59), décédée le 20 mars 1871, Anor (59) (à l’âge de 53 ans).
xx Marié (2) le 2 septembre 1873, Anor (59), avec Marie Louise Adèle Troquelet, née le 22 décembre 1822, Momignies, Hainaut (B), décédée, Ménagère.
Aïeul(e)
4 Nicolas Joseph Lécoyer, né le 6 février 1781, Anor (59), décédé le 26 février 1871, Anor (59) (à l’âge de 90 ans), Palonnier, Propriétaire. Parents : 8 et 9.
x Marié le 20 mai 1809, Anor (59), avec…
5 Victoire Joseph Delloue, née le 28 septembre 1785, Anor (59), décédée le 30 novembre 1864, Anor (59) (à l’âge de 79 ans).
Bisaïeul(e)
8 François Joseph Lécoyer, né le 26 juin 1750, Anor (59), décédé le 30 janvier 1832, Anor (59) (à l’âge de 81 ans), Palonnier, Voiturier, propriétaire. Parents : 16 et 17.
x Marié le 15 avril 1777, Anor (59), avec…
9 Marie Joseph Jacquot, née le 2 janvier 1745, Anor (59), décédée le 24 septembre 1822, Anor (59) (à l’âge de 77 ans).
Trisaïeul(e)
16 Joseph Lescohier, né le 30 septembre 1711, Anor (59), décédé le 19 mars 1756, Anor (59) (à l’âge de 44 ans), Marchand, ouvrier des bois, palonnier. Parents : 32 et 33.
x Marié (1) le 16 février 1738 avec Marie Marguerite Martin, née vers 1711, décédée le 10 octobre 1738, Anor (59) (à l’âge d’environ 27 ans).
xx Marié le 30 mai 1745, Anor (59), avec…
17 Marie Joseph Brassart, née le 12 avril 1712, Anor (59), décédée le 14 décembre 1794, Anor (59) (à l’âge de 82 ans).
Quadrisaïeul(e)
32 Nicolas François Lescohier, né le 17 mars 1667, Anor (59), décédé le 13 février 1733, Anor (59) (à l’âge de 65 ans), Palonnier. Parents : 64 et 65.
x marié le 29 avril 1703, Anor (59), avec…
33 Jeanne Colinet, née le 2 novembre 1676, Anor (59), décédée le 15 août 1748, Anor (59) (à l’âge de 71 ans).
Quinquisaïeul(e)
64 François Lescohier, né vers 1635, décédé le 9 février 1701, Anor (59) (à l’âge d’environ 66 ans).
x marié le 29 juillet 1666, Anor (59), avec…
65 Jeanne Lernaut, décédée le 13 octobre 1706, Anor (59).

3ème extrait : Généalogie descendante patronymique de Joseph Lécoyer jusqu’à la 6ème génération
Des enfants et petits enfants de François Lécoyer seuls deux ont laissé une descendance patronymique sur Anor. La lignée de Nicolas François Lécoyer, petit-fils né à Momignies en 1717, a été présente épisodiquement sur Anor jusqu’au XXème siècle mais le dernier couple n’a pas eu de descendance (cf. ANNEXE 1 : Tableau de descendance de François Lécoyer (fils) p. 53). La lignée de Joseph, cousin germain de Nicolas François, est détaillée jusqu’à la 6ème génération soit 106 personnes. A suivre des extraits de cette lignée :

Joseph Lécoyer, né le 30 septembre 1711, Anor (59), décédé le 19 mars 1756, Anor (59) (à l’âge de 44 ans), Parrain : Jean Colinet Marraine : Marie Marguerite Dormoye. Marchand, ouvrier des bois, palonnier.
x Marié le 16 février 1738 avec Marie Marguerite Martin, née vers 1711, décédée le 10 octobre 1738, Anor (59) (à l’âge d’environ 27 ans). Sans descendance
xx Marié le 30 mai 1745, Anor (59), avec Marie Joseph Brassart, née le 12 avril 1712, Anor (59), décédée le 14 décembre 1794, Anor (59) (à l’âge de 82 ans)
De son second mariage Joseph Lécoyer a eu 4 enfants (3 filles et 1 garçon):
Génération 1_1. Anne Joseph
Née le 28 mars 1746, Anor (59), décédée le 15 mai 1814, Anor (59) (à l’âge de 68 ans).
x Mariée le 23 novembre 1767, Anor (59), avec Jean Joseph Marée, né le 10 septembre 1741, Anor (59), décédé . Descendance Non Patronymique
Génération 1_2. François Joseph
Né le 26 juin 1750, Anor (59), décédé le 30 janvier 1832, Anor (59) (à l’âge de 81 ans), Parrain : François Joseph Rolland Marraine : Marie-Françoise Brassart. Palonnier, Voiturier, propriétaire.
x Marié le 15 avril 1777, Anor (59), avec Marie Joseph Jacquot, née le 2 janvier 1745, Anor (59), décédée le 24 septembre 1822, Anor (59) (à l’âge de 77 ans)
Comme son père Joseph Lécoyer, François Joseph exerce le métier de palonnier. Plusieurs années d’apprentissage sont nécessaires pour savoir créer les objets en bois usuels dans l’agriculture et dans la vie quotidienne. Certains exercent leur métier directement dans les forêts au plus près de la matière première. Ces artisans d’Anor et de ses environs peuvent facilement travailler à domicile puisqu’ Anor est enclavé dans un milieu forestier.
La région Avesnoise a, grâce à ses ressources, l’exclusivité des fabrications en bois, exceptée celle des sabots qui est répartie dans tout le département. Le préfet C. Dieudonné, dans les statistiques de 1800, appelle les palonniers des boisseliers. Il explique que chaque commune a des spécialités. A cette époque, ils étaient neuf à Anor, et fabriquaient des vases pour le lait, des écuelles et surtout des pelles à grains, des pelles creusées pour les épuisements et des pelles à four. Trente cinq pour cent de la production de boissellerie de l’Avesnois est consommée sur place, le reste se répartit entre les départements limitrophes et la Belgique.
En 1832, quelques mois après le décès de François Joseph à Anor, son fils aîné Jean-Baptiste (Génération 2_1) fait enregistrer la succession de son père à Trélon. On apprend alors que ce dernier a fait une donation de son vivant de ses biens immobiliers à ses quatre enfants lui survivant (une maison rue d’Hirson et plus de 10 hectares de pâturage).
Les huit enfants du couple naissent à Anor, trois décèdent en bas âge . Les cinq autres (quatre garçons et une fille) se marient et ont une descendance. …/…

4ème extrait : La disparition du patronyme
La carte ci-dessous présente les déplacements de cent-trois individus de la lignée descendante de Joseph Lécoyer par génération. Les mouvements ont été réalisés en prenant en compte le lieu de naissance et le lieu de résidence au moment du décès. Pour les individus dont le lieu de décès est demeuré inconnu, c’est le dernier lieu de résidence connu qui a été pris en compte (adresse sur l’acte de mariage, livret militaire, recensement, lieu de naissance d’un enfant). En dernier recours c’est l’acte de naissance qui a été choisi.

5ème extrait. Nicolas Joseph Victor Lécoyer Génération 3_14
Le cinquième jour du mois de juillet mil huit cent treize, Nicolas Joseph Lécoyer (2_3), âgé de trente deux ans, palonnier, se rend à la mairie d’Anor accompagné du cordonnier Louis Lebrun et du marchand Alexis Martin. Il vient présenter son fils aîné qu’il prénomme Nicolas Joseph Victor pour le faire inscrire sur le registre de la commune tenu par le maire Jacques Joseph Meunier. Victoire Delloue a mis l’enfant au monde le matin même à quatre heures. Il sera appelé Victor pour éviter les confusions avec son père qu’on appelle Nicolas et son oncle appelé Joseph (2_2).
Victoire Delloue est issue d’une famille de meuniers qui exerce au moulin d’en bas. Sa famille est implantée depuis plus de cent ans à Anor. La famille Lécoyer est installée depuis plusieurs générations à Anor et les hommes sont palonniers de père en fils.
Le couple marié depuis 1809 a déjà une petite fille prénommée Marie Victoire (3_13) née en février 1810.
Le 18 juillet 1810, un acte de mutation transcrit dans le registre des hypothèques d’Avesnes explique comment Nicolas Joseph a acquis une maison, suite à l’expropriation d’un cultivateur ne pouvant régler ses dettes de 3470 Francs vis à vis de son créancier : l’ancien propriétaire. Une vente à la bougie est organisée et après vingt bougies consumées, la propriété est adjugée au dit Nicolas Joseph Lécoyer pour la somme de 4725 Francs.
Les biens acquis sont détaillés comme suit : une maison de quatre places (ou pièces), une cave, une étable, une grange et quatre hectares huit ares d’héritage, clos de haies vives et le tout contiguë, tenant du levant au Sieur Jacques Meunier, du midi au chemin de la verrerie, d’occident à Victor Despret et du nord à Danis.

Maison natale de Victor Lécoyer, rue du Revin (aujourd’hui rue Victor Delloue) à Anor. Photo 2019 Emmanuelle Decrand

Le cadastre Napoléonien n’est pas encore utilisé, mais les matrices cadastrales et le recensement des années suivantes ont permis de localiser cette maison rue du Revin. C’est une ferme élémentaire, typique de l’Avesnois. C’est donc ici que naît Victor Lécoyer et deux ans plus tard son frère Aimé Nicolas (3_15).
Lorsqu’il a dix ans ses grand-parents maternels sont décédés et son oncle a repris le moulin. Victor peut visiter son grand-père paternel, François (1_2), veuf, qui vit rue d’Hirson à la sortie du village d’Anor. En 1831, la famille réside toujours au même endroit, comme en témoigne le recensement ci-dessous
undefined

Comme son père, grand-père, arrière-grand-père et ses oncles, Victor apprend le métier de palonnier.
A vingt ans Victor Lécoyer se présente pour le recensement militaire, il est de la classe 33. Il mesure 1 mètre et 68 centimètres et demi. Le tirage au sort lui attribue le numéro 40. Il ne fera pas partie des hommes sélectionnés par le hasard. …/…

En 1836, Victor Lécoyer épouse Éléonore Dromeray à Fourmies où vit la jeune fille. Cet événement a lieu en présence de la mère d’Éléonore. Celle-ci n’a que dix-huit ans et son père est décédé (il était palonnier), elle doit être assistée. Les témoins sont les oncles d’Éléonore Dromeray, le frère de Victor Lécoyer : Aimé Nicolas Lécoyer, et leur cousin germain : Victor Delloue.
Rapidement, le couple achète une maison et 4 hectares de pâture pour la somme de 7146 Francs à Anor, rue d’Hirson pour s’y installer…

Extraits de la monographie familiale : La famille Lécoyer d’Anor disponible sur commande Contact

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s